Scénario : Joann Sfar, Dessin : José-Luis Munuera

1 tome, Jambon et Tartine, paru chez Dargaud.

 

Il y a fort longtemps dans cette île magique que l'on nomme Angleterre vivait l'Enchanteur Merlin… Mais quelques années avant de devenir Enchanteur, Merlin était un enfant comme vous et moi. Enfin, plutôt comme vous…

Pour Jose Luis et Joann en revanche, Merlin a commencé par être un petit garçon, puis est devenu un vieillard pour enfin redevenir (définitivement ?) un enfant. Enfin, tout cela est très compliqué et expliqué dans un fascicule édité à 300 exemplaires par les éditions Schlirf Book dont vous trouverez les 13 premières pages ci-contre.

 

Résumé/Critique

Le titre donné à cette série de Merlin est certes évocateur : Jambon et tartine. Ce premier tome retraçant les pérégrinations d’un Merlin tout droit sorti de l’imaginaire de Sfar et Munuera, met en scène l’apprenti magicien et ses virées solitaires dans une forêt de Brocéliande peuplée de monstres, de fées et autres lutins malicieux. Jambon et tartine sont les deux camarades de jeux, les deux complices du petit Merlin qui voudrait décrypter au plus vite les formules magiques, et par conséquent prouver aux autres enfants du village qu’il possède bel et bien un don. Jambon est un cochon qu’il rencontre dans la forêt et qui se met miraculeusement à parler, Tartine est un ogre peu ordinaire qui a la réputation de manger les enfants désobéissants. Ce trio infernal se met en tête de kidnapper la princesse Viviane, petite peste hargneuse qui aurait besoin d’une bonne leçon…

La fable de Merlin, version Sfar et Munuera ne manque pas de charme. Le délire des deux auteurs est palpable à chaque page. Les dialogues sont corrosifs et musclés, la palette de couleurs est généreuse, les personnages expressifs et drôles. Néanmoins, un petit regret : trop de pistes inexplorées, des bonnes idées qui ne forment pas toujours une cohérence, parce qu’elles sont juste effleurées. On s’attend à un portrait un peu plus fouillé du personnage de Merlin, dans une veine fantaisiste, cela va de soi. Cela tient sans doute au fait que le lectorat qu'il est censé toucher est très vaste. Il est dit que cet album s’adresse aux enfants comme aux adultes, et le mélange de références destinées aux deux publics dessert les intentions et annule les effets escomptés. L’imaginaire des enfants est comblé par les dessins, la dérision et l’ironie de certains propos et de certaines situations s’en trouvent décalés. Mais Merlin doit trouver ses marques et éprouver ses formules avant de gagner son titre d’Enchanteur ; la suite devrait donner raison à ce parti pris inventif.

Manuelle Calmat

  Résumé

Tout le monde connaît Merlin, héros des légendes celtiques et du cycle d'Arthur. Mais que sait-on de son enfance et de ses débuts d'enchanteur ? Pourtant, Merlin a été un enfant comme vous et moi. En l'occurrence, un petit mec tout rond avec un chapeau trop grand, qui tente de transformer les gens en chèvre au cri de "Palsambleu et Cornegidouille".

Merlin a deux copains : Jambon, un cochon parlant, et Tartine, un ogre repenti mais encore assez goinfre, très moche, et équipé d'un QI négatif. Autre personnage central : la princesse Viviane, une minuscule teigneuse qui méprise les pauvres. A part ça, elle est insomniaque parce que son puissant papa, messire Noctiflore, lui met des petits pois dans le matelas pour voir si elle est bien sa fille.

Les trois copains ont pour projet de kidnapper la princesse, histoire de lui apprendre à respecter les pauvres, même s'ils sont pauvres. Ce qui va les amener à s'introduire dans le château, y mettre du désordre et se voir convoqués aux festivités organisées pour le supplice de Julio l'Ecclésiaste - un spectacle offert par les poulaines Riboque, avec choix exceptionnel de tortures désopilantes. Comme dit le cochon, "c'est le Moyen-Age". Bref, ils semblent mal partis, mais la gentille sorcière Maripopine, qui voit le futur et le passé (et parfois l'imparfait du subjonctif) va arranger tout ça.

 

  Critique

Coup de coeur. Il n'y a pas d'autres mots. Merlin m'a enchanté (elle est bonne celle-là). On savait déjà que Sfar pouvait être très drôle (voir les deux excellents tomes de Donjon parus chez Delcourt). On savait qu'il n'aimait rien mieux que les gnomes, farfadets, trolls, golems et autres monstres en tout genre. Voilà qu'il nous propose les aventures d'un gamin. Un bête gamin, comme vous et moi. Enfin, plus jeune. Un peu espiègle, pas trop doué pour la magie (ça viendra…) et plutôt rancunier (cette vilaine graine de princesse Viviane, il va lui apprendre à respecter les pauvres), Merlin l'Enchanteur en version « haut comme trois pommes », ça donne cette histoire pour enfants et pour adultes où tout est permis.

Il n'y a pas de bon héros sans faire-valoir, dirait Michel Greg. Appliquant la recette à la lettre, Sfar flanque deux excellents copains au jeune magicien en herbe : Jambon, un cochon qui parle (et alors, vous n'avez jamais vu ça ? Faut lire plus souvent des BD !) et Tartine, un ogre goinfre d'une stupidité absolument confondante. (Son QI -que l'éditeur prétend négatif- est de loin en-dessous de celui du sergent Chesterfield, c'est vous dire) A trois, nos amis partent à l'assaut du château de messire Noctiflore. Leur projet : kidnapper la méchante princesse Viviane et l'abandonner dans la forêt pour lui apprendre à vivre. S'en suivent des aventures totalement rocambolesques et pas du tout dénuées de poésie ! Le tout servi par le dessin de Munuera, 27 ans ce 21 avril (bon anniversaire), avec qui Sfar avait déjà commis « Les Potamoks » chez Delcourt. Rien à dire, Joann Sfar est en forme et ne cesse de le prouver en publiant sur tous les fronts et dans tous les genres. Pourvu que ça dure !

Thierry Bellefroid.

 

Résumé/Critique

Une enfance enchantée ("Album événement")

Entre gags et jeux de mots, les premiers pas d'un magicien en herbe…

Qu'est-ce que ça peut bien raconter un grand-père dragon à ses petits enfants pour les endormir ? Des histoires d'humains, bien sûr !

En l'occurence, l'enfance (méconnue, il faut bien le dire) de Merlin l'Enchanteur. Tout petit déjà, ce dernier n'aspirait qu'à devenir un grand magicien, ce qui lui valait pas mal de déboires avec ses copains du village. Heureusement, la vie va mettre surr sa route un cochon qui parle, un ogre gentil, avec qui il va partager des aventures certes dangereuses… mais parfaitement désopilantes !

Enchanteurs, les deux auteurs (Sfar au scénario et Munuera au dessin) le sont sans aucun doute en nous offrant cette série où l'on ne s'ennuie pas une seconde. Pas de doute : ce petit Merlin deviendra grand !

 

CNBDI Résumé

Il y a fort longtemps vivait en Angleterre Merlin, qui n’était pas encore le célèbre enchanteur que tout le monde connaît, mais un simple petit gars affublé d’un grand chapeau tout mou. Parti dans la forêt pour devenir un grand sorcier, Merlin se lie d’amitié avec Jambon, un cochon parlant très savant, et Tartine, un ogre stupide aux faux airs de pomme de terre géante. Décidés à kidnapper la princesse Viviane, une teigne un rien pimbêche, les trois amis s’introduisent dans le château du roi Nictaflore et y sèment le pagaille…

 

CNBDI Critique

Sfar et Munuera, qui avaient déjà travaillé ensemble pour Les Potamoks, se jouent des personnages de légendes avec un humour délirant et nous offrent une nouvelle série désopilante qui s’adresse aussi bien aux adultes qu’aux enfants avec des personnages craquants et des dialogues percutants, drôles et décalés.

Couverture