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LABEL
SILLONS
Anotret
/ Fable
/ Cyclik
/ IN-Sektrauma
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La
nature n'aimant pas le vide, c'est par l'entre fait de la culture
qu'elle comble cette absence. Devant l'absence de scènes et de structures
propres à incarner l'innovation ; la révolte contre le consensuel,
l'expérimentation, l'esthétisme de traverses ou l'expression sonore
non conforme; la naissance de Sillons, est donc venue tout
naturellement, précédé de quelques mois par son pendant associatif
Seltsam.
Mutualisé autour des volontés et énergies d'Ulrich T Estreich
et david Pierre Ferry, soit ANOTRET et IN-Sektrauma,
SILLONS à comme ambition (toute humble soit-elle) de proposer un
autre point de vue, une vision divergente sur les musiques actuelles.
Un label qui œuvre aussi a éditer les productions (dans les premiers
temps) de leur fondateur. Un label qui compte déjà 5 références
à son jeune catalogue, étendant son royaume d'influence sur les
gammes des possibles de l'électronique, mêlant électronica, abstract
hip-hop, ambiant, expérimentale ou intimisme, laissant quelquefois
ondoyer leur goût vers la vidéo. Au titre desquels ANOTRET,
Hérault oblongue et tête de proue du label, soit Ulrich,
qui dispense sur un mode majeur mais sous format intimiste sa verve
créatrice. Une petite musique de chambre instinctive et réfléchie,
fébrile et séductrice, dévastée et emplie d'espoir, fuyante et captivante,
tout cela à la fois. Cet album porté par la beauté et le dénuement
de soi invite à s'immerger dans les atmosphères sombres et obsédantes
de nos quotidiens, jamais si proche des angoisses et des vacations
nocturnes d' Encre, jamais si peu éloignée du lyrisme lunaire
d'un jerome minière. Des lectures (sans doute Calaferte, céline,
Prigent Cioran, le Feu Follet de drieur la rochelle et d'autres
encore) transcrit en petit dépit du quotidien qui trouvent quelquefois
une ouverture sur l'extérieur comme cette belle reprise (peut-il
y en avoir d'autre ?) d'Einsturzen Neubauten. En guise de
presque conclusion.. Intransigeance de l'existence et sensibilité
de l'âme.
FABLE
semble être un esthète de l'ouverture d'esprit, FAB. io laisse
traîner ses guêtres aux aléas de ses rencontres et coup de cœur.
Depuis le Luxembourg à l'Italie jusqu'à la France ; Depuis la pop-noise
au Trip-hop en passant par l'électronique ; les musiques traditionnelles,
également. Electron libre et sans attache, voici sans doute ce qui
fonde ses lignes de force et met en relief dans le même temps ses
faiblesses. Une capacité à insinuer dans sa mélodie ses univers
passés, ses amours perdues, à susciter ses écarts d'âme aux fragments
d'électroniques et cette incapacité à se fixer à un style, à l'approfondire
jusqu'à la lie. Expérimentale et imagée, sa musique l'est nécessairement,
de toute évidence, bâtît autour de l'usage exclusif du laptop, d'une
guitare et d'un clavier.
A l'instar du fauvisme ou du pointillisme, la musique de CYCLIK
peut s'analyser dans le détail de sinusoïdales électroniques, de
basses et hautes fréquences…Pourtant dés qu'on s'en éloigne, la
texture devient forme, puis paysage, donnant à ses énigmatiques
courbes un sens autrement plus profond et poétique. D'une tranquillité
insondable.
IN-Sektrauma
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HYPO
-EVR - The
correct Use of Pets (Active
suspension/ Rue stendhal)
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L'œuvre
de salubrité publique est à l'honneur chez Active Suspension,
puisque faisant suite à la réédition en Europe (paru initialement
sur le label japonais Compare Notes) de l'album LST de Shugo
Tokumaru, le label parisien provoque ici la collision heureuse
de deux éléments instables des galaxies électroniques déviantes;
Hypo, dont le label porte haut et fort le travail depuis
une moitié de décade vient ici frotter ses constructions bancales
et auditives à l'intuition arythmique de EVR.
Comme
dans toute contribution commune, la somme des deux intervenants
dépasse souvent le simple fait de leurs travaux pour offrir à l'écoute
une nouvelle forme, ici audacieuse et prompte à satisfaire nos attentes
les plus secrètes.
Tour à
tour exigeante et très accessible; leur musique est une sorte de
fourre-tout génial avec quelques dominantes pour la musique symphonique
de poche façon Wendy Carlos et l'esprit pop foutraque gansé
d'électronica façon Stereolab + petit délires genre U-ziq/Rephlex
Les sons créent des phrases musicales qui créent des mélodies qui
créent des climats qui créent des sensations… des belles sensations.
Recommandé.
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Travaux
Publics V/a : " Chantier Reprises "
(Travaux
Publics/ www.travaux-publics.org )
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Les
historiens sont encore en proie à des querelles intestines, pourtant
les sommets de la reprise en France semblent bien avoir été atteints
dans le milieu des seventies. Johnny Hallyday, Eddy Mitchell
et surtout Richard Anthony, en magnifiant dans la langue
de Molière les textes venus d'outre manche (Buvons le cidre typhons,
qu'est-ce qui m'arrive aujourd'hui, je suis amoureux de ma femme,
Tchin-Tchin à ma santé, etc.) auront contribué à installer cet
état d'esprit de transposition déviante, cette philosophie de la
reprise dans l'hexagone. L'art de la reprise est un art comme son
nom l'indique, un art exigeant, à cheval entre figure libre et exercice
de style. Une trame prédéfinie sur laquelle " le jeune " vient plaquer
sa culture et son humeur du moment.
La
reprise, c'est un peu la correction d'une époque par une autre,
la sensibilité de quelqu'un plaquée sur l'affectivité d'un autre,
en somme… En soit, la reprise est à la musique ce que l'art brut
est à l'art académique, un délire païen où l'auditeur de base réinvente
l'univers de sa star, de son hymne, prenant bien souvent quelques
libertés avec l'original. En sortant du contexte initial le morceau,
l'armateur de la reprise insuffle un renouveau, un décalage poétique,
un rituel fétichiste qui consiste à prendre à bras le corps le morceau
et lui conférer un autre univers, le sien. Dans cet état d'esprit,
les musiciens présents sur cette compile se sont méchamment lâchés,
laissant poindre jusqu'à nos oreilles une auberge espagnole sonore
inhabituelle et déviante. Pillant, spoliant ce que la culture populaire
(ou pas) a fait de mieux (ou pas), les têtes brûlées de TP, le label
tourangeau dont tout le monde parle, viennent dynamiter les canons
musicaux de notre enfance et de notre culture commune. Avec ce sens
du décalage et de l'humour affûté qui les caractérise, on redécouvre
en leur compagnie le patrimoine mélodique de ces 30 dernières années.
A première vue totalement foutraque et perturbant, la longue litanie
de titres provoquent les rapprochements incongrus d'artistes et
de groupes, la proximité inconvenante de styles et de genres…Sabrina,
Bauhaus, Bryan Adams, Europe, Rage Against The machine ; Folk,
Country, hip hop, minimal techno, proto new wave, lo-fi, etc. Parmi
les chefs-d'œuvre d'art populaire de cette compilation, on découvre
The final Count Down des suédois d'Europe, revu et
corrigé en Tango argentin ! Joey Tempest est renvoyé dans
les cordes, un bouquet de roses rouges en travers de la gorge. Un
titre plus beau que l'original (si, c'est possible) Il y a aussi
ces variations cheap-bon marché, version bontempi de Move on
up de Mayfield, everything i do de Bryan Adams
passé à la moulinette de la flûte à bec d'une classe de collège
de province, Bob Marley revisité en tube électro-rock !!
Plus loin, on chemine dans les reprises 80'-90' depuis Rage Against
The Machine (tronqué en Blues Cajun magnifique), au Bauhaus
(dans une version bossa-no wave), Girls and boys de Blur
et Negative Creep de Nirvana façon Tube Indie (indien) pop
; Boys boys boys et sa lente dérive no-wave, Grandmaster
flash visité par le miami sound machine, du Cure, du
Police, les Beach Boys, des comptines pour enfants,
j'en passe et j'en oublie… Cette compilation est une merveille,
puisqu'elle cultive dans le même temps, ce talent si singulier de
l'étonnement, de l'ébahissement mêlé à un second degré sans préjugés
ni oeillères C'est drôle, inventif, exigeant, varié, extraverti,
et cohérent dans sa douce démence.. En somme, tout ce qu'on demande
à une compilation. Avec Boogers, Camping Car, Charlie Circus,
Chazam & Juan Tomas, Classe de 4ème B du collège Adonis de Varec,
Croque Love, DJ 2 lasoochav, électroménager, Gab Gordon, Herbert
Von Schkröniöniö, Iologic, K. Baboon & the Gil Geiger Orchestra,
Les reines incertaines, Les Taupes aware, maison tellier, paprika,
Philippe 2, Pouic pouic, presidentchirac, Rodan trümmel (epsilon
sigma club), Sister Oh !(& the smooth four) et les Trash fcuk music.
LA CLASSE AMERICAINE.
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PHONOPHANI
phonophani (Rune
Grammofon/ la baleine)
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Difficile
de contenir son exultation à l'annonce de la nouvelle ; Rune
grammofon réédite l'album éponyme d'Espen Sommer Eide,
Monsieur Phonophani, album sorti en tapinois fin 1998 sur
le label Biophon de son camarade Biosphère (Supersilent..)
L'album sans avoir pu être écouté par le nombre, avait largement
été précédé par la rumeur de son excellence, laissant les fantasmes
et les attentes courir sur son compte ces 8 dernières années. Par
ailleurs moitié de l'entité Alog (Red Shift Swing, Duck Rabbits)
Espen Sommer Eide, 34 ans à ce jour, né à Oslo est seul maître
à bord du projet tactile Phonophani ; multi-instrumentiste,
programmateur, maître és -sampling, il agence avec une rare intelligence
et un sens de la texture peu commun, atmosphères et climats, toujours
sous la gouverne d'une fibre mélodique éthérée.
Adepte de la captation de genres, la musique de phonophani semble
agréer à mesure que les compositions s'installent, les courants
majeurs, depuis les musiques traditionnelles ( ces lentes mélopées
de clarinette sur No Strangelocks), réitérative, concrète,
atmosphérique, électronique, s'insinuant jusque dans une stratégie
pop. Le lègue d'Arne Nordhein (l'élégance s'insinuant jusque
dans le nom du groupe, titre d'un morceau du maître) 3 bonus tracks
viennent sustenter l'appétit des premiers fans.
Tout
à tour, fils en tension, ondes hydroponiques, nappe en suspension,
cantate liturgique, sa musique rappelle à de plus ou moins larges
écarts, certains phrasés de Kenchely, les sourds ondoiements
d'un Susumu Yokota, la stratégie expérimentale d'un Alog,
la pop d'éther d'un Boards of Canada,ou du folk diaphane
(Sur C). Autant de références qui ne sauraient réellement explorer
avec pertinence la bienséance que procure cet album sur notre organisme.
Sans doute l'un des meilleurs albums de croisement entre électronique
pop et acoustique produit à ce jour sur le territoire Norvégien.
Définitivement conseillé.
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HUMCRUSH
Hornswoggle (Rune
Grammofon/ La Baleine)
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Connaissant
le goût pour la déviance et l'inconventionalité musicale du batteur
Thomas Stronen (dont Pohlitz, récent album solo sorti
sur RG cette année), on s'attendait avec ce second album du duo
(Thomas Stronen,donc et Stale Storiokken, claviériste
de son état) à une effusion sauvage et incongrue de musique.
Membres
respectif d'une variété de groupe (Maria Kannegaard trio,
Food, Parish pour l'un , Supersilent, Terje Rypdal's
Skywards, Bol , Cucumber pour l'autre) c'est dans cette bouillonnante
scène musicale polymorphe et sans œillères que les 2 musiciens auront
fait leur classe.
Adepte
d'une intransigeante soif de découverte, Hornswoggle est le repère
d'une certaine idée du groove, hérité du funk, de sens du rythme
impromptue, descendant d'un héritage lointain de free jazz-rock,
délivrant tours à tours l'esprit d'un Mahmoud Ahmal ou d'un
genesis. Lyrique et aérien, tout semble réuni pour faire de cet
album une réussite. Pourtant, il ne réussit pas à nous entraîner
dans sa folle aventure.. sans doute est-ce dû à cet
assemblage de climats, la logique de groove renvoyant à des ambiances
soit datées, soit perverties tombant fréquemment dans la caricature
de construction Free, à tendance GRM caricaturale.
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RAINIER
LERICOLAIS (Stembogen x04)
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La
culture oblique de Rainier Lericolais s'exprime au-delà du
simple médium plastique pour déborder sur l'art sonore. Cut-up et
détournement stigmatisent avec soin ses appétits de transversalité,
détournant ici la musique classique à la faveur d'un bug numérique,
empruntant là les motifs pop pour une virée en pays expérimental.
Oeuvrant à parcelliser ses mélodies, l'électronique autant que des
éclats de musiques orientales viennent fracasser son univers, basé
autour du sampling, de voix, d'hybridations, d'espaces sonores circulaires,
infléchissant les langages contemporains, pop et électronique à
la même table.
On retrouve
évidemment une similitude entre ses travaux graphiques, plastiques,
ses d'épures d'icônes de culture pop ou traditionnelle passée à
la moulinette numérique, comme sortis de leur époque pour mieux
donner sens à leur fond. Lericolais, plus sûr de lui
que jamais, introduit des chants soul-jazz sur un des titres comme
pour mieux railler la critique institutionnelle et sortir définitivement
des carcans étroits d'un establishment doré. Un travail d'une rare
virtuosité, abouti, d'une belle fragilité.
Quelque part
entre Red Snapper, David Sylvian, Susumu Yokota, la musique de
film, Hypo.. D'une rare beauté ! Entre gravité et légèreté.
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BARDO
POND Ticket crystals (ATPR/
La Baleine)
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Inutile
de mentir plus longuement, Bardo Pond est sans doute un des
groupes les plus talentueux et mésestimé (sous-estimé) qu'aient
connu les années 90's! En
pas moins de 6 albums [déjà] au profit de leur patrimoine musical,
ils auront redéfini la texture et la tessiture du rock à filiation
expérimentale.
Formé à l'orée
des années 90' autour du collectif resserré des frères Gibbons
(Michael et John), le groupe s'est étoffé par la suite des
talents de vocalise et de flûtiste Isobel Sollenberger, du
bassiste Clint Takeda et du batteur Joe Culver (remplacé
dés 1991 par Ed Farnworst)
C'est
Matador, label de la première heure qui soutient le groupe après
la sortie de leur magistral et premier moyen courrier Bufo Alvarius
Amen.. suivront donc (après un album chez Amanita) Lapsed,
Set and setting et Dilate. Au-delà des traces de studio,
l'aura du groupe, son alchimie complexe et compulsive prend surtout
forme dans la chaleur latente du live, les soubresauts de l'improvisation
contrôlée, en corrélation avec la ferveur du public. Sonic Youth
ne s'y est pas trompé en invitant le quintet lors du festival ATP
de 2001 à leur côté.
Pour
une large part responsable du mouvement space rock, aux côtés de
Charalambides, FSA et consort, Bardo Pond a pourtant
su faire évoluer, dans une constante recherche son lègue musical,
trouvant dans l'improvisation et l'expérimentation électrique un
nouveau souffle, une échappatoire.
Ticket
Crystals est à proprement parler un album de continuité, un
travail hypnotique sur la matière sonore dronienne. Pourtant, la
tournure de ce nouvel album braque son regard vers le passé et l'avenir
dans le même temps. De l'esprit d'ondulations et de vibrations,
le groupe vient puiser dans le patrimoine de Led Zeppelin
alors que les mélodies volatiles les rapprocheraient davantage de
Cocorosie ou de Smog par la touchante fragilité des
harmonies. Plus troublante que jamais la magie semble opérer une
nouvelle fois creusant encore davantage le sillon d'intégrité et
de fraîcheur d'esprit qui inonde les groupes majeurs. Ps: a noter
la reprise du Cry Baby Cry du White Album des Beatles,
commémorant à leur manière le triste 25ième anniversaire
de la mort de Lennon.
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MOHAMMED
JIMMY MOHAMMED
Takkabe
! Take This! (CD TEPR Records/ Import)
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On
ne saura jamais assez louer le travail, la détermination et l'abnégation
de structures telles que BUDA MUSIQUE qui auront su défricher
et mettre en lumière des talents aussi exceptionnel que Girma
Bèyènè, Mulatu Astatqè, Fèqadè Amdè Mesqel, Tesfa Maryam Kidané,
Muluqèn Mèllèssè, Mahmoud Ahmed, Sèyfu Yohannès, Tèshomè Meteku,
Gètatchèw Kassa, Tilayé Gèbrè , pour la plupart regroupés sous
l'étiquette des Ethiopique Series.
De cette mise en lumière, l'ironie du sort veut que ce soit un musicien
aveugle qui tire ici les bénéfices de ces courtes apparitions sur
ces compiles. Issu des circuits fermés de bars D'addis Abeba,
cet éthiopien de souche à la voix si fragile s'est spécialisé dans
les classiques de Tlahoun Gessesse, reconnu comme étant l'un
des plus grand musicien du pays.
A
près de 50 ans, Mohammed Jimmy Mohammed présente son
premier long courrier. Une honte à considérer la beauté éclatante
de chacune de ses compositions, serties de cette vocalise si particulière,
voix rêche et chevrotante, fluctuant au sac et ressac, au flux et
reflux de la mélodie. Enregistré lors de son passage en Europe,
au Moers jazz festival, il a en sus reçu l'appui inestimable
des Hollandais de The Ex, qui en plus de Soutenir Konono
N°1 auront également défendu la trajectoire de ces musiciens à l'occasion
de leur 25 ème anniversaire. Ici accompagné de Mesele Asmamaw
(Krar- Harpe à 5 cordes), de Asnake Gebreyes (percussions
traditionnelles) et de Han Bennink (batterie) ce disque donne
sens à ceux pour qui le terme de musique et de passion ont encore
un sens.
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ATONE Un an (Autres
Directions In Music/ La Baleine)
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Heureux
de voir qu'Atone ne le sera pas resté trop longtemps. Antoine
Monzonis Calvet est un habitué des planches autant que des longues
heures de studio, il parcourt depuis une décennie, à la faveur de
formation post-rock, électronique, expérimentale. S'offrant le loisir
de ne pas choisir, Il concentre son attention depuis 2 ans sur ce
projet (un titre en 2002 sur Idwet), Atone, sorte de chimère
heureuse de ses interrogations passées.
Ingénieur du son de formation, il façonne depuis un couple d'années
le son d'Autres Directions, donnant Les vertiges de sa musique
ont comme dénominateur commun, une belle élégance de formes caressées
par un sens du fond qui ne faillit jamais. La sensibilité ne semble
pas un vaint mot dans la terminologie du jeune homme. Il suffit
simplement de s'imprégner de ses compositions horizontales ciselées,
jamais éloignées des attentes d'Eno, d'Arovane ou
d'artistes de chez Kranky comme Growing pour se rendre
compte que l'homme pour technicien du lap top qu'il soit, est loin
d'avoir fait le deuil des textures sobres et linéaires. Une musique
de contemplation pure. Un vrai talent en pleine ascension.
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SLEPCY
we are the newest battle models (Cock
Rock Disco/ La Baleine)
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Le
label de Jason Forrest, Donna Summer, met en orbite
un de ces ovnis/satellites dont il a le secret. Une comète, à dire
vrai, répondant au doux patronyme de Slepcy, qui draine à
sa fil un panachage de fraîcheur et d'audace mêlée. Un album qui
flirte avec les arômes estivaux et les graminées de cette décennie.
Un
duo polonais, emmené par Piotr Kurek et Marcin
Stefanski, et où l'avant-gardisme, l'iconoclastie et la folie
alternent pour ne jamais laisser redescendre la pression. Un sacré
coup de pied au cul, en tous les cas, duquel témoigne leur CV et
participation diverses, DJ Su, Kool Pop ou Suburban Trash Industries.
Oscillant entre les deux extrémités, les 2 pôles du champ sonore
et social, les Polonais distribuent tour à tour des claques de cacophonie
de bruit blanc et primaire, alternées de caresses symphoniques délicates…à
dire vrai, c'est surtout dans l'entre deux qu'ils placent la quintessence,
l'essentiel de leur humanité, imbrication pop, synthèse de jazz,
de beat bossa et de construction électronique déviante, autant qu'ingénieuse.
Entre Pink Floyd, Squarepusher, Silver Apples, sonic Youth, The
Swans, Killdozer, Dj Rupture, etc… un beau bordel, un grand
écart, un savant exercice d'équilibriste, à la fois touchant par
son inutilité et exaltant par la tension qu'elle génère.
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TELLEMAKE
Scarbo (Angström
rec/ Chica-chic/ Toolbox)
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Empruntant
à la mythologie d'Ulysse et à l'esprit d'un Joyce, Christophe
GUIRAUD, après divers projets épars sur des galaxies électriques
ou bruitistes, lui ayant permis au passage de parfaire son étude
du son, décide d'explorer la part d'affect et de sensibilité qui
l'habite. Une transition qui le mène en quelque sorte de l'énergie
à la réflexion, de l'action à la contemplation.
Avec
le recul, son précédent ep, Morning ep se présente comme
un jalon, une transition où le radicalisme et la sensibilité s'entremêlent
dans une gamme d'enjeux complexes. Attachant bien plus encore qu'auparavant
son attention et son intérêt aux zones ombrées du silence, c'est
dans ce faible entrebâillement entre le vide et le souffle, le minimalisme
des petites choses qu'il conçoit ses structures harmoniques complexes
et confuses. La relation émotionnelle qui se dégage est sans doute
en partie liée à cette alternance/superposition de textures à cordes
et à vent, imbrication de numérique et d'analogique, à la fois de
ce qui fond l'exigence technologique de notre ère (le numérique)
et de ce qui confère un supplément d'humanité à l'âme (l'analogique)
l'usage de cordes, et de basson renforcent cet effet hypnotique.
Dans cette esthétique, on tire des points de concordance où l'évocation
d'un cirque sépia, d'une fanfare en suspend donne à comparer avec
les exercices solipsistiques de Mark Hollis, les errances
nocturnes d'un Yann Tambour, la fragile beauté d'un Tim
Hecker (Radio amor), la solitude.. Sylvain Fogato,
ami et collaborateur de l'ombre et de l'espoir, vient construire
sur ces images sonores d'autres images, elles bien visibles, crépusculaires
et émotives. La symbiose est extrême, totale, développant un réalisme
une approche sensorielle, abstraite, climatique, loin de toute procédure
narrative, didactique. Video granuleuse, brouillard sensoriel du
fond de l'œil, ombre floue et spectre flottant, image d'un monde
fuyant, ruine de nos villes sans âme… on se trouve aussi bien dans
l'univers de Derek Jarman agençé à l'esthétisme d'une
Nan Goldin, ou d'une Sarah Moon… poignant de beauté.
On n'avait pas effleuré la sérénité d'aussi prêt depuis longtemps.
Superbe.
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EXPERIENCE
Positive
Karaoke/ Negative karaoke with a smile (Boxson/ Discograph)
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L'expérience
ne semble jamais close pour la bande de François Cloup, qui
revient armée d'un album agrémenté d'un DVD ; la densité des compositions,
toujours aussi palpable ne s'encombre pas de fioritures ni de stucs;
Chaque
texte relevant d'un sentiment, d'une sensation, d'un vertige palpable.
Le DVD relate la tournée aux confins du territoire français et des
quelques pays limitrophes de l'hexagone. Un périple entre potes.
TRES TRES BON,
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FRITH/
WISHART / KIHLSTEDT - The
compass, log and lead (Intack rec/ Metamkine)
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Fred
Frith, habitué du label Intack, passionné de collaborations,
continue ici d'interroger sa musique, ne laissant que rarement la
ponctuation finale clore son propos. The compass, log and lead,
est une étude, autant qu'une discussion ouverte autour de la corde
frottée.
Frith,
armée de sa guitare acoustique, Carla Kihlstedt au violon
et au Nyckelharpa (Instrument de folk suédois) et Stevie Wishart,
à cheval entre l'électronique, le violon et l'Hurdy-Gurdy. La forme
donne raison à une gamme d'instruments du fond des âges privilégiant
des harmonies proprement folk, d'une grande beauté tout en gardant,
noblesse oblige, un discours de fond clairement improvisé.
Enregistré
à Ockland en 2003, puis masterisé en 2005, la rencontre de
ces 2 mondes évoque par certains aspects des passages de Step
across the border ou certaines inflexions du side band de Frith,
Skeleton crew. Les compositions ont un caractère répétitif,
qui dans cette boucle sans fin donne une dimension rituelle à leur
musique. Du grand Frith, comme à son habitude.
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COCOON
More violent days are to come (Optical
Sound / )
RVB
-TRANSFERT Images de la scène indépendante Française 1979-1991
(Optical Sound)
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L'annonce
est prophétique ; une sentence annonciatrice de jours obscurs à
venir, plus troubles et perturbés que jamais.
Cocoon, après une très concluante première investigation
, continue et excaver la terre à la seule force motrice de ses mains,
toujours en attente d'une occlusion musicale. L'excellence du disque,
comme à son habitude se lie jusque dans la mise en forme de l'album,
feuillets libres, portfolio thématique où les images semblent avoir
une correspondance secrète avec les sons.
Avec
RVB -TRANSFERT, Optical Sound continue son devoir
de mémoire en exhumant, cette fois sous couvert d'un support visuel
les reliques de cette scène indépendante Française 1979-1991.
L'aventure visuelle n'est pas moins riche de surprises et d'enseignement
quant à l'évolution des techniques et formes d'expressions à en
juger par les choix de colories et de décors( !!!) défendus au long
du DVD.
Une
certaine idée de la contre-culture française telle qu'elle a rarement
(jamais ?) été dépeinte. Et qui nécessairement vient enrichir le
spectre culturel contemporain tout en redéfinissant les bases de
l'histoire musicale hexagonale. Passionnant.
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MULLER/
KAHN/ WOLFARTH drumming (Creative sources rec/ Metamkine)
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Le
label portugais continue d'explorer l'élasticité du son, la fine
texture de ses (dis)harmonies. Sobrement intitulé Drumming, ce disque
a la volonté d'étudier, de distinguer la sensibilité d'approches,
la variété des jeux et des enjeux qui se jouent autour des peaux
frappées; Muller, batteur de formation, intervient davantage
sur des installations de prise de sons, via des capteurs qui capturent
puis travestissent l'acoustique.
Kahn,
également batteur, travail sur les micro-fêlures du son, leur répétition;
ses derniers travaux l'ont amené à concevoir des processus en compagnie
de Sugimoto, parmi d'autres.
Wolfarth, sans doute un poil moins connu que ses compères
évolue dans l'underground helvétique. Un album d'une belle intégrité
qui impressionne par la dynamique lente de son déroulement.
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ODRAN
TRUMMEL down Louishill ( another rec/ )
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Dans
la famille Trummel, je demande le petit frère ! Aussi talentueux
et plein de vie que son alter Ego Yohann (son grand frère),
le jeune homme continue à disséminer les étamines frelatées de ses
compositions que ce soit dans une formule Trio à prospectives jazz
tourmentées ( Epsylon Gygma club) ou dans ce format solo,
plus proche d'une introspection folk évolutive à dimension humaine.
Homme
orchestre de son destin et de ses instruments ; après quelques démos,
il prend à bras le corps son instrument de prédilection, la guitare,
et laisse vaquer quelques heures durant son esprit ; Le résultat
est éloquent ; des arrangements classieux, un enthousiasme et une
fraîcheur crânes, une certaine idée de l'élégance harmonique couplée
à une certaine vision de la glande. Un procrastinateur génial et
un peu rêveur, en fait, proche des univers de Cavil, de Nick
Drake, pour l'amour Des textes décalés (on sait écrire dans
la famille !) comme ce My Shinkansen délirant et subtil. De la pop-Folk
dans la travée des grands song-writer de ce temps.
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NOZE
how to dance (circus company/ Ping Pong)
MOSSA
some eat it raw (circus company/ Ping Pong)
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Le
duo que compose Nôze, à savoir Nicolas Sfintescu (machine)
et Ezechiel Pailhes , par ailleurs co-fondateur du label
Circus Company, même si on peut le rattacher (comme le label)
à cette scène minimale internationale (Type Karat, Perlon
ou Kompakt), cultive pourtant en parallèle ce goût pour
la dérive et le singulier ; Ritournelles, mélodies cheap, refrains
déjantés, ajouts bancales… Qui, dans la sphère house minimale peut-ainsi
citer comme référence Sun Ra ou John Cage, tout en
étant loué par d'éminent DJ tel que Herbert, Ricardo Villalobos,
Jamie Lidell, Ark Ou Robert Hood ?
Là où leur travail se révèle plus passionnant, c'est dans cette
ouverture extrême vers les autres sphères musicales, ces assemblages
hardis comme ces chœurs plaqués par Elise Dabrowski (compagnon
de route de Joëlle Léandre) ou ces combinaisons d'arpèges
de guitare et de saxophone par Alexandre Authelain, (formé auprès
d'Akosh). Le tout, foncièrement dansant, œuvre pourtant à
dynamiter de l'intérieur les principes qui sclérosent la techno
en général. Un véritable espoir de renouvellement.
MOSSA, plus connu comme DJ, basé à Montréal (Boss de Complot
Records), édite depuis 1 an Maxis et courtes pièces à un rythme
effréné ( disques chez Cynosure, Orac, Mutek, Floppy Funk, Morris
Audio) et à présent sur Circus Compagny pour ce long
métrage ; Some eat it raw qui égraine pour sa part une certaine
idée de House minimale, granuleuse dans sa forme et spartiate et
hédoniste dans sa forme…de quoi passer l'été dans les meilleures
dispositions.
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MIKI
N'DOYE Tuki (ECM/ECM new series)
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Comme
nombre de jazzmen parmi lequel Don Cherry, c'est dans le
nord de l'Europe que Momodou "Miki" N'Doye, aura pu asseoir
sa stature de musicien international. Originaire de Gambi, c'est
à Oslo que ce percussionniste livre depuis 30 ans l'essentiel de
son savoir, décliné sous forme de prestations et d'enregistrements
multiples. La rencontre avec le percussionniste Helge Linaaereste
déterminante (un futur alter ego de Han Bennink ? et sa récente
collaboration avec Mohammed Jimmy Mohammed).
Vont
se succéder divers boulots qui le mènent depuis des jams à des Workshops
au Club 7. Sous sa formation, Tamma il accueillera Don
Cherry et Ed Blackwell le temps de quelques sessions
dont les enregistrements font encore figure de standard. Son Afro-jazz
flamboyant se développe durant ces années aux côtés du pianiste
Jon Balke qui devient fidèle d'entre les fidèles. Niels
Peter Molvaer, jon Christensen s'y joignent à l'occasion et
sèment de nombreux side project tels que Batagraf ou Magnetic
North. En sus de ses percussions, c'est sa voix chevrotante,
déclamée en Wolof, ou en Mandingue semblant avoir traversé les siècles
qui marquent dés les premières mesures de la composition. Un talent
de conteur indéniable place d'emblée les morceaux dans la trame
de mini-fictions musicales où l'image n'est jamais loin. Côté percussions,
la multiplicité des sources utilisées (Tamma, m'balax, bongo, Kalimba)
entraîne l'auditeur dans un jeu assourdissant et dronien où les
sonorités elliptiques, voire hypnotiques confèrent une dimension
chamaniste aux prestations enregistrées. Un talent qui éclate enfin
à la pleine lumière blanche de la Suède et qui livre ici un album
emprunt du poids des traditions et de la légèreté de l'expérimentation
qui offre ici quelques pièces avant-gardistes d'une beauté
envoûtante.
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RANDOM
NUMBERS "Golden acre sleeps" (Highpointlowlife/ )
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L'œuvre
de l'Anglais Matthew Robson propage toujours avec cette générosité
,qu'on prête fréquemment aux jeunes artistes, ses afflictions sonores,
basées sur un équilibre sacré entre organique et numérique. Proche
du courant électronica, sans renier pour autant ses inclinaisons
pour quelques bribes et filament de house minimale ; ses compositions
semblent s'épanouir dans des distorsions de légers effets mécaniques
et de milieux aqueux. L'usage de piano, de voix lointaine et féminine
(Katie lou moore), de phases d'électronica ubuesques et voilées
donnent, il est vrai un supplément d'âme à sa musique, pourtant
elle semble encore en recherche d'elle-même et n'arrive à nous sortir
de notre léthargie qu'à des rares occasions.
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MICHEL
& MICHEL From
Michel&Michel With Love (A
tant rêver du roi)
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On
avait déjà eu maille à partir avec ces ex-membres de Sybil Vane
(Pierre Dutrey et eddy crampes)sur le label Relax ay Voo
(Michel et michel et ses danseuses) à la ligne directrice
graphique et musicale irréprochable….. Country cajun à fort relent
folk, voix rêche à la Arthur H, correction des Beatles
en règle (across the universe), Le collectif Michel et Michel continue
à leur façon à projeter dans le futur, l'héritage de Tellier,
Herman Dune ou plus sûrement de Ween .. Pratiquée un
nombre indéterminé de fois, cette musique ne se révèle pas moins
à nous à chaque nouvelle écoute, laissant le plus souvent sa fragilité
et sa simplicité nous transporter. Michel & Michel, tout
en jouant sur le décalage et l'humour désinvolte n'arrive pas à
réduire à de simples caricatures leurs jolis titres ; du bossa novien
Flyflyfly au très Dean Martinien My bed is my wife
Une belle unité de ton qui donne tant de relief à leurs compositions…très
bon.
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TETSU INOUE Yolo (DIN/ Metamkine)
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L'incontournable
fer de lance du label DIN, ressurgi à notre mémoire accompagné
de son neuvième et dernier disque à ce jour pour son label. Une
belle complicité/ fidélité qui s'exprime jusque dans sa musique.
Fidèle à ses classiques, Tetsu Inoue, intrigue toujours dans
les sphères ambiantes analogiques qui ont fondé la base de ses premiers
travaux.Il y insuffle ses mouvements noise à caractère expérimental,
les entremêlant pour donner à entendre, ce qui semble être une synthèse
de son œuvre. D'une précision toute asiatique, les atmosphères et
climats gardent pourtant la fraîcheur de l'organique, son insondable
complexité. Racée et exigeant, les plages s'enchaînent les unes
aux autres, formant un ensemble d'une rare complexité et d'un incontestable
éclat.
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THE
HEALTHY BOY a
two steps promenade (Kythibong.org/ www.kythibong.org)
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La
gravité qui émane de la voix de Benjamin Nerot n'est à proprement
parlé pas humaine, perchée dans une gamme dramaturgique entre Nick
Cave et johnny Cash. L'esprit de lieu du disque s'acoquine
avec les plus brillants éléments de la scène folk, entreprenant
là où ont été stoppé les disques de Palaces Brothers, Compositions
empruntées à l'obscurité et à la pesanteur, The Healthy boy,
pourtant bien loin des terres natales de Will Oldham revient
hanter avec la beauté et le désenchantement au revers de sa veste
nos vieux démons de folk. D'une absolue beauté
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JUST
CLOSE TO YOU V/A
Unique record (Unique
rec/UR 13/ La Baleine)
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En
infléchissant les contraintes et les sacrifices à la rigueur de
leur sensibilité et de leur jugement, en laissant leur instinct
constamment guider leur démarche, en faisant fi de tout opportunisme,
l'équipage d'Unique records, Gérald et Gilles pour l'essentiel,
aura définitivement assis ce label au firmament des labels français
incontournable du même acabit. (Arbouse rec/ Monopsone, Dora
Dorovitch, Partycul System, Effervescence, Autres Directions…)
Allant quelquefois au-delà de nos espoirs, la création d'une division
à caractère expérimentale (Hitomi) aura permis de complexifier
les vues et l'identité de ce label, définitivement surprenant. Le
départ annoncé de Gilles-Lunt, maître és-production, moitié
organique de la structure laisse évidemment planer le devenir du
label.
Oeuvrant
au-delà du simple cadre de la production (Forum des alternatives
pour la musique), Unique records aura oeuvré durant
ces 5 années à modifier ou du moins à fédérer une scène,
souvent en proie à la dissémination. On retrouve,
dans la diversité de leurs propositions, ceux qui ont fait l'unicité
et la beauté du label : Angil, Electrophönvintage, Virga, Lunt,
Del, Melatonine, Imagho, Lemoine, Baxendall, Dana Elliot, Half Asleep,
Eud, The Jong Aventure, Melonhead, A place for Parks… Ceux qui
ont porté du bout du doigt, par leur insolence, leur talent, leur
poésie, leur violence contenue nos oreilles et nos cœurs vers les
heures matinales de l'aurore ou dans les sombres instants du crépuscule.
18 titres originaux, pour la majorité des inédits ou des titres
à venir qui viennent nous rassurer une nouvelle fois sur la beauté
du monde.
L'intérêt
de la compilation réside aussi, au-delà du simple et heureux constat
d'existence de ce beau label, dans la mise en forme visuelle de
ces élucubrations nocturnes ou matinales sous forme d'un DVD fruit
de bénévolat et de réflexions brumeuses de l'aube…une dizaine de
clips amplis de la diversité des techniques et des talents, rehaussés
d'un souvenir de tournage au FAM.
Incontournable.
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EDDY
CRAMPES Where the fuck is Eddy Crampes
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Premier
album solo d'Eddy Crampes, par ailleurs chanteur et guitariste
de Sibyl Vane (nous vous avions entretenu du ep Prêt à Porter
en 2003), il multiplie les occurrences et collaborations, notamment
avec Pierre Dutrey sous leur pseudonyme élégant de Michel et
Michel sur les labels Relax ay Voo ou A tant rêver
du roi récemment. Eddy Crampes, dans une veine proche de lo-fi
folk avec un fond nettement plus rock n' roll Fifties vient hanter
les allées du rock n' roll cher à Greil Marcus, Nik Cohn
et consort…une entreprise de salubrité publique.
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4tRECk
Je Me Promenade
(Partycul
System/ VPC/ partyculsystem@tele2.fr )
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Samuel
Callow, œuvre à la ré intronisation du 4-pistes (même s'il est
passé aux 8 pistes récemment) et de techniques éprouvées notamment
par le Grand John Fahey, tel le Picking donnant cette touche
si exotico-américaine à sa musique. Pour le reste, il laisse au
hasard et aux disruptions aléatoires [sous couvert d'une rigueur
compositionnelle] le soin d'agrémenter ses compositions. Construisant
autour de l'axe central d'une guitare son petit monde, il vient
y agréer une multitude de petites techniques, de micro expérimentations,
d'instruments inusuels ou bricolés (piano, accordéon, jouets, xylophone,
violon, piano de pouce, voix, bruits, manipulations samples) offrant
à ses compositions ce surcroît d'air si rare de nos jours. Après
diverses apparitions éclair sur des fanzines ou des micro labels
(Overdub, Flitwick, YYY, Astronaute…) Partycul System
lui donne l'occasion d'exprimer à grande échelle, sur le temps long
d'un LP son savoir-faire. Ni répétitif, ni casse gueule, Samuel
Callow, britannique de son état se prête magnifiquement au jeu
et nous tient en haleine des tenants de son disque à ses aboutissements.
Une quête musicale à la fois joyeuse et mélancolique. D'une
belle profondeur. Conseillé
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PHILMAR
sur le chemin ( Oceanik creations/ )
DOWN
TAO ( Oceanik creations/ )
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La
musique de Jerôme Paressant, pour le moins atypique, peu
enclin à être étiqueter dans les rayonnages contemporains est liée
de près aux productions du label océanik créations. Même
si le label peine à se forger une identité visible, elle recèle
pourtant de subtiles productions, d'une veine transversale, électronique
et/ ou expérimentale. Down Tao, ancrée quelque part entre
les attentes de Sub Rosa et le groove déviant de Ninja
Tune ne fait pas pâle figure. Un esprit de cut-up, de voix lointaines
mêlées à quelques écarts néo industriels donne à entendre. Plus
maladroite, la musique n'en demeure pas moins dénuée de charme.
Philmar,
pour sa part s'amuse à tromper son monde, mélangeant les apparences
de la musique acoustiques aux procédés les plus en pointe des musiques
électroniques (Boucle, ré-échantillonage, cut-up..). Une élégance
évidente tant le " leurre " est parfait. Mêlant percussion, luth,
flûte, voix et guitares, il se voit à l'occasion aidé de Jérôme
Paressant (Abraxas Projekt/ Down tao), le remixant en
dernier lieu ; Fluide ou volatile, ces compositions conservent cette
aménité si recherchée dans la musique ambiante.
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