SOMMAIRE

ENTRETIENS


 
CHRONIQUES #22

LABEL SILLONS
Anotret / Fable / Cyclik / IN-Sektrauma

La nature n'aimant pas le vide, c'est par l'entre fait de la culture qu'elle comble cette absence. Devant l'absence de scènes et de structures propres à incarner l'innovation ; la révolte contre le consensuel, l'expérimentation, l'esthétisme de traverses ou l'expression sonore non conforme; la naissance de Sillons, est donc venue tout naturellement, précédé de quelques mois par son pendant associatif Seltsam.

Mutualisé autour des volontés et énergies d'Ulrich T Estreich et david Pierre Ferry, soit ANOTRET et IN-Sektrauma, SILLONS à comme ambition (toute humble soit-elle) de proposer un autre point de vue, une vision divergente sur les musiques actuelles. Un label qui œuvre aussi a éditer les productions (dans les premiers temps) de leur fondateur. Un label qui compte déjà 5 références à son jeune catalogue, étendant son royaume d'influence sur les gammes des possibles de l'électronique, mêlant électronica, abstract hip-hop, ambiant, expérimentale ou intimisme, laissant quelquefois ondoyer leur goût vers la vidéo. Au titre desquels ANOTRET, Hérault oblongue et tête de proue du label, soit Ulrich, qui dispense sur un mode majeur mais sous format intimiste sa verve créatrice. Une petite musique de chambre instinctive et réfléchie, fébrile et séductrice, dévastée et emplie d'espoir, fuyante et captivante, tout cela à la fois. Cet album porté par la beauté et le dénuement de soi invite à s'immerger dans les atmosphères sombres et obsédantes de nos quotidiens, jamais si proche des angoisses et des vacations nocturnes d' Encre, jamais si peu éloignée du lyrisme lunaire d'un jerome minière. Des lectures (sans doute Calaferte, céline, Prigent Cioran, le Feu Follet de drieur la rochelle et d'autres encore) transcrit en petit dépit du quotidien qui trouvent quelquefois une ouverture sur l'extérieur comme cette belle reprise (peut-il y en avoir d'autre ?) d'Einsturzen Neubauten. En guise de presque conclusion.. Intransigeance de l'existence et sensibilité de l'âme.

FABLE semble être un esthète de l'ouverture d'esprit, FAB. io laisse traîner ses guêtres aux aléas de ses rencontres et coup de cœur. Depuis le Luxembourg à l'Italie jusqu'à la France ; Depuis la pop-noise au Trip-hop en passant par l'électronique ; les musiques traditionnelles, également. Electron libre et sans attache, voici sans doute ce qui fonde ses lignes de force et met en relief dans le même temps ses faiblesses. Une capacité à insinuer dans sa mélodie ses univers passés, ses amours perdues, à susciter ses écarts d'âme aux fragments d'électroniques et cette incapacité à se fixer à un style, à l'approfondire jusqu'à la lie. Expérimentale et imagée, sa musique l'est nécessairement, de toute évidence, bâtît autour de l'usage exclusif du laptop, d'une guitare et d'un clavier.

A l'instar du fauvisme ou du pointillisme, la musique de CYCLIK peut s'analyser dans le détail de sinusoïdales électroniques, de basses et hautes fréquences…Pourtant dés qu'on s'en éloigne, la texture devient forme, puis paysage, donnant à ses énigmatiques courbes un sens autrement plus profond et poétique. D'une tranquillité insondable.

IN-Sektrauma

HYPO -EVR - The correct Use of Pets (Active suspension/ Rue stendhal)

L'œuvre de salubrité publique est à l'honneur chez Active Suspension, puisque faisant suite à la réédition en Europe (paru initialement sur le label japonais Compare Notes) de l'album LST de Shugo Tokumaru, le label parisien provoque ici la collision heureuse de deux éléments instables des galaxies électroniques déviantes; Hypo, dont le label porte haut et fort le travail depuis une moitié de décade vient ici frotter ses constructions bancales et auditives à l'intuition arythmique de EVR.
Comme dans toute contribution commune, la somme des deux intervenants dépasse souvent le simple fait de leurs travaux pour offrir à l'écoute une nouvelle forme, ici audacieuse et prompte à satisfaire nos attentes les plus secrètes.
Tour à tour exigeante et très accessible; leur musique est une sorte de fourre-tout génial avec quelques dominantes pour la musique symphonique de poche façon Wendy Carlos et l'esprit pop foutraque gansé d'électronica façon Stereolab + petit délires genre U-ziq/Rephlex Les sons créent des phrases musicales qui créent des mélodies qui créent des climats qui créent des sensations… des belles sensations. Recommandé.

Travaux Publics V/a : " Chantier Reprises "
(Travaux Publics/ www.travaux-publics.org )

Les historiens sont encore en proie à des querelles intestines, pourtant les sommets de la reprise en France semblent bien avoir été atteints dans le milieu des seventies. Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et surtout Richard Anthony, en magnifiant dans la langue de Molière les textes venus d'outre manche (Buvons le cidre typhons, qu'est-ce qui m'arrive aujourd'hui, je suis amoureux de ma femme, Tchin-Tchin à ma santé, etc.) auront contribué à installer cet état d'esprit de transposition déviante, cette philosophie de la reprise dans l'hexagone. L'art de la reprise est un art comme son nom l'indique, un art exigeant, à cheval entre figure libre et exercice de style. Une trame prédéfinie sur laquelle " le jeune " vient plaquer sa culture et son humeur du moment.
La reprise, c'est un peu la correction d'une époque par une autre, la sensibilité de quelqu'un plaquée sur l'affectivité d'un autre, en somme… En soit, la reprise est à la musique ce que l'art brut est à l'art académique, un délire païen où l'auditeur de base réinvente l'univers de sa star, de son hymne, prenant bien souvent quelques libertés avec l'original. En sortant du contexte initial le morceau, l'armateur de la reprise insuffle un renouveau, un décalage poétique, un rituel fétichiste qui consiste à prendre à bras le corps le morceau et lui conférer un autre univers, le sien. Dans cet état d'esprit, les musiciens présents sur cette compile se sont méchamment lâchés, laissant poindre jusqu'à nos oreilles une auberge espagnole sonore inhabituelle et déviante. Pillant, spoliant ce que la culture populaire (ou pas) a fait de mieux (ou pas), les têtes brûlées de TP, le label tourangeau dont tout le monde parle, viennent dynamiter les canons musicaux de notre enfance et de notre culture commune. Avec ce sens du décalage et de l'humour affûté qui les caractérise, on redécouvre en leur compagnie le patrimoine mélodique de ces 30 dernières années.
A première vue totalement foutraque et perturbant, la longue litanie de titres provoquent les rapprochements incongrus d'artistes et de groupes, la proximité inconvenante de styles et de genres…Sabrina, Bauhaus, Bryan Adams, Europe, Rage Against The machine ; Folk, Country, hip hop, minimal techno, proto new wave, lo-fi, etc. Parmi les chefs-d'œuvre d'art populaire de cette compilation, on découvre The final Count Down des suédois d'Europe, revu et corrigé en Tango argentin ! Joey Tempest est renvoyé dans les cordes, un bouquet de roses rouges en travers de la gorge. Un titre plus beau que l'original (si, c'est possible) Il y a aussi ces variations cheap-bon marché, version bontempi de Move on up de Mayfield, everything i do de Bryan Adams passé à la moulinette de la flûte à bec d'une classe de collège de province, Bob Marley revisité en tube électro-rock !! Plus loin, on chemine dans les reprises 80'-90' depuis Rage Against The Machine (tronqué en Blues Cajun magnifique), au Bauhaus (dans une version bossa-no wave), Girls and boys de Blur et Negative Creep de Nirvana façon Tube Indie (indien) pop ; Boys boys boys et sa lente dérive no-wave, Grandmaster flash visité par le miami sound machine, du Cure, du Police, les Beach Boys, des comptines pour enfants, j'en passe et j'en oublie… Cette compilation est une merveille, puisqu'elle cultive dans le même temps, ce talent si singulier de l'étonnement, de l'ébahissement mêlé à un second degré sans préjugés ni oeillères C'est drôle, inventif, exigeant, varié, extraverti, et cohérent dans sa douce démence.. En somme, tout ce qu'on demande à une compilation. Avec Boogers, Camping Car, Charlie Circus, Chazam & Juan Tomas, Classe de 4ème B du collège Adonis de Varec, Croque Love, DJ 2 lasoochav, électroménager, Gab Gordon, Herbert Von Schkröniöniö, Iologic, K. Baboon & the Gil Geiger Orchestra, Les reines incertaines, Les Taupes aware, maison tellier, paprika, Philippe 2, Pouic pouic, presidentchirac, Rodan trümmel (epsilon sigma club), Sister Oh !(& the smooth four) et les Trash fcuk music. LA CLASSE AMERICAINE.

PHONOPHANI phonophani (Rune Grammofon/ la baleine)

Difficile de contenir son exultation à l'annonce de la nouvelle ; Rune grammofon réédite l'album éponyme d'Espen Sommer Eide, Monsieur Phonophani, album sorti en tapinois fin 1998 sur le label Biophon de son camarade Biosphère (Supersilent..) L'album sans avoir pu être écouté par le nombre, avait largement été précédé par la rumeur de son excellence, laissant les fantasmes et les attentes courir sur son compte ces 8 dernières années. Par ailleurs moitié de l'entité Alog (Red Shift Swing, Duck Rabbits) Espen Sommer Eide, 34 ans à ce jour, né à Oslo est seul maître à bord du projet tactile Phonophani ; multi-instrumentiste, programmateur, maître és -sampling, il agence avec une rare intelligence et un sens de la texture peu commun, atmosphères et climats, toujours sous la gouverne d'une fibre mélodique éthérée.
Adepte de la captation de genres, la musique de phonophani semble agréer à mesure que les compositions s'installent, les courants majeurs, depuis les musiques traditionnelles ( ces lentes mélopées de clarinette sur No Strangelocks), réitérative, concrète, atmosphérique, électronique, s'insinuant jusque dans une stratégie pop. Le lègue d'Arne Nordhein (l'élégance s'insinuant jusque dans le nom du groupe, titre d'un morceau du maître) 3 bonus tracks viennent sustenter l'appétit des premiers fans.
Tout à tour, fils en tension, ondes hydroponiques, nappe en suspension, cantate liturgique, sa musique rappelle à de plus ou moins larges écarts, certains phrasés de Kenchely, les sourds ondoiements d'un Susumu Yokota, la stratégie expérimentale d'un Alog, la pop d'éther d'un Boards of Canada,ou du folk diaphane (Sur C). Autant de références qui ne sauraient réellement explorer avec pertinence la bienséance que procure cet album sur notre organisme. Sans doute l'un des meilleurs albums de croisement entre électronique pop et acoustique produit à ce jour sur le territoire Norvégien. Définitivement conseillé.

HUMCRUSH Hornswoggle (Rune Grammofon/ La Baleine)

Connaissant le goût pour la déviance et l'inconventionalité musicale du batteur Thomas Stronen (dont Pohlitz, récent album solo sorti sur RG cette année), on s'attendait avec ce second album du duo (Thomas Stronen,donc et Stale Storiokken, claviériste de son état) à une effusion sauvage et incongrue de musique.
Membres respectif d'une variété de groupe (Maria Kannegaard trio, Food, Parish pour l'un , Supersilent, Terje Rypdal's Skywards, Bol , Cucumber pour l'autre) c'est dans cette bouillonnante scène musicale polymorphe et sans œillères que les 2 musiciens auront fait leur classe.
Adepte d'une intransigeante soif de découverte, Hornswoggle est le repère d'une certaine idée du groove, hérité du funk, de sens du rythme impromptue, descendant d'un héritage lointain de free jazz-rock, délivrant tours à tours l'esprit d'un Mahmoud Ahmal ou d'un genesis. Lyrique et aérien, tout semble réuni pour faire de cet album une réussite. Pourtant, il ne réussit pas à nous entraîner dans sa folle aventure.. sans doute est-ce dû à cet assemblage de climats, la logique de groove renvoyant à des ambiances soit datées, soit perverties tombant fréquemment dans la caricature de construction Free, à tendance GRM caricaturale.

RAINIER LERICOLAIS (Stembogen x04)

La culture oblique de Rainier Lericolais s'exprime au-delà du simple médium plastique pour déborder sur l'art sonore. Cut-up et détournement stigmatisent avec soin ses appétits de transversalité, détournant ici la musique classique à la faveur d'un bug numérique, empruntant là les motifs pop pour une virée en pays expérimental. Oeuvrant à parcelliser ses mélodies, l'électronique autant que des éclats de musiques orientales viennent fracasser son univers, basé autour du sampling, de voix, d'hybridations, d'espaces sonores circulaires, infléchissant les langages contemporains, pop et électronique à la même table.
On retrouve évidemment une similitude entre ses travaux graphiques, plastiques, ses d'épures d'icônes de culture pop ou traditionnelle passée à la moulinette numérique, comme sortis de leur époque pour mieux donner sens à leur fond. Lericolais, plus sûr de lui que jamais, introduit des chants soul-jazz sur un des titres comme pour mieux railler la critique institutionnelle et sortir définitivement des carcans étroits d'un establishment doré. Un travail d'une rare virtuosité, abouti, d'une belle fragilité.
Quelque part entre Red Snapper, David Sylvian, Susumu Yokota, la musique de film, Hypo.. D'une rare beauté ! Entre gravité et légèreté.

BARDO POND Ticket crystals (ATPR/ La Baleine)

Inutile de mentir plus longuement, Bardo Pond est sans doute un des groupes les plus talentueux et mésestimé (sous-estimé) qu'aient connu les années 90's! En pas moins de 6 albums [déjà] au profit de leur patrimoine musical, ils auront redéfini la texture et la tessiture du rock à filiation expérimentale.
Formé à l'orée des années 90' autour du collectif resserré des frères Gibbons (Michael et John), le groupe s'est étoffé par la suite des talents de vocalise et de flûtiste Isobel Sollenberger, du bassiste Clint Takeda et du batteur Joe Culver (remplacé dés 1991 par Ed Farnworst)

C'est Matador, label de la première heure qui soutient le groupe après la sortie de leur magistral et premier moyen courrier Bufo Alvarius Amen.. suivront donc (après un album chez Amanita) Lapsed, Set and setting et Dilate. Au-delà des traces de studio, l'aura du groupe, son alchimie complexe et compulsive prend surtout forme dans la chaleur latente du live, les soubresauts de l'improvisation contrôlée, en corrélation avec la ferveur du public. Sonic Youth ne s'y est pas trompé en invitant le quintet lors du festival ATP de 2001 à leur côté.

Pour une large part responsable du mouvement space rock, aux côtés de Charalambides, FSA et consort, Bardo Pond a pourtant su faire évoluer, dans une constante recherche son lègue musical, trouvant dans l'improvisation et l'expérimentation électrique un nouveau souffle, une échappatoire.

Ticket Crystals est à proprement parler un album de continuité, un travail hypnotique sur la matière sonore dronienne. Pourtant, la tournure de ce nouvel album braque son regard vers le passé et l'avenir dans le même temps. De l'esprit d'ondulations et de vibrations, le groupe vient puiser dans le patrimoine de Led Zeppelin alors que les mélodies volatiles les rapprocheraient davantage de Cocorosie ou de Smog par la touchante fragilité des harmonies. Plus troublante que jamais la magie semble opérer une nouvelle fois creusant encore davantage le sillon d'intégrité et de fraîcheur d'esprit qui inonde les groupes majeurs. Ps: a noter la reprise du Cry Baby Cry du White Album des Beatles, commémorant à leur manière le triste 25ième anniversaire de la mort de Lennon.

MOHAMMED JIMMY MOHAMMED
Takkabe ! Take This! (CD TEPR Records/ Import)

On ne saura jamais assez louer le travail, la détermination et l'abnégation de structures telles que BUDA MUSIQUE qui auront su défricher et mettre en lumière des talents aussi exceptionnel que Girma Bèyènè, Mulatu Astatqè, Fèqadè Amdè Mesqel, Tesfa Maryam Kidané, Muluqèn Mèllèssè, Mahmoud Ahmed, Sèyfu Yohannès, Tèshomè Meteku, Gètatchèw Kassa, Tilayé Gèbrè , pour la plupart regroupés sous l'étiquette des Ethiopique Series.

De cette mise en lumière, l'ironie du sort veut que ce soit un musicien aveugle qui tire ici les bénéfices de ces courtes apparitions sur ces compiles. Issu des circuits fermés de bars D'addis Abeba, cet éthiopien de souche à la voix si fragile s'est spécialisé dans les classiques de Tlahoun Gessesse, reconnu comme étant l'un des plus grand musicien du pays.

A près de 50 ans, Mohammed Jimmy Mohammed présente son premier long courrier. Une honte à considérer la beauté éclatante de chacune de ses compositions, serties de cette vocalise si particulière, voix rêche et chevrotante, fluctuant au sac et ressac, au flux et reflux de la mélodie. Enregistré lors de son passage en Europe, au Moers jazz festival, il a en sus reçu l'appui inestimable des Hollandais de The Ex, qui en plus de Soutenir Konono N°1 auront également défendu la trajectoire de ces musiciens à l'occasion de leur 25 ème anniversaire. Ici accompagné de Mesele Asmamaw (Krar- Harpe à 5 cordes), de Asnake Gebreyes (percussions traditionnelles) et de Han Bennink (batterie) ce disque donne sens à ceux pour qui le terme de musique et de passion ont encore un sens.

ATONE Un an (Autres Directions In Music/ La Baleine)

Heureux de voir qu'Atone ne le sera pas resté trop longtemps. Antoine Monzonis Calvet est un habitué des planches autant que des longues heures de studio, il parcourt depuis une décennie, à la faveur de formation post-rock, électronique, expérimentale. S'offrant le loisir de ne pas choisir, Il concentre son attention depuis 2 ans sur ce projet (un titre en 2002 sur Idwet), Atone, sorte de chimère heureuse de ses interrogations passées.

Ingénieur du son de formation, il façonne depuis un couple d'années le son d'Autres Directions, donnant Les vertiges de sa musique ont comme dénominateur commun, une belle élégance de formes caressées par un sens du fond qui ne faillit jamais. La sensibilité ne semble pas un vaint mot dans la terminologie du jeune homme. Il suffit simplement de s'imprégner de ses compositions horizontales ciselées, jamais éloignées des attentes d'Eno, d'Arovane ou d'artistes de chez Kranky comme Growing pour se rendre compte que l'homme pour technicien du lap top qu'il soit, est loin d'avoir fait le deuil des textures sobres et linéaires. Une musique de contemplation pure. Un vrai talent en pleine ascension.

SLEPCY we are the newest battle models (Cock Rock Disco/ La Baleine)

Le label de Jason Forrest, Donna Summer, met en orbite un de ces ovnis/satellites dont il a le secret. Une comète, à dire vrai, répondant au doux patronyme de Slepcy, qui draine à sa fil un panachage de fraîcheur et d'audace mêlée. Un album qui flirte avec les arômes estivaux et les graminées de cette décennie.

Un duo polonais, emmené par Piotr Kurek et Marcin Stefanski, et où l'avant-gardisme, l'iconoclastie et la folie alternent pour ne jamais laisser redescendre la pression. Un sacré coup de pied au cul, en tous les cas, duquel témoigne leur CV et participation diverses, DJ Su, Kool Pop ou Suburban Trash Industries. Oscillant entre les deux extrémités, les 2 pôles du champ sonore et social, les Polonais distribuent tour à tour des claques de cacophonie de bruit blanc et primaire, alternées de caresses symphoniques délicates…à dire vrai, c'est surtout dans l'entre deux qu'ils placent la quintessence, l'essentiel de leur humanité, imbrication pop, synthèse de jazz, de beat bossa et de construction électronique déviante, autant qu'ingénieuse. Entre Pink Floyd, Squarepusher, Silver Apples, sonic Youth, The Swans, Killdozer, Dj Rupture, etc… un beau bordel, un grand écart, un savant exercice d'équilibriste, à la fois touchant par son inutilité et exaltant par la tension qu'elle génère.

TELLEMAKE Scarbo (Angström rec/ Chica-chic/ Toolbox)

Empruntant à la mythologie d'Ulysse et à l'esprit d'un Joyce, Christophe GUIRAUD, après divers projets épars sur des galaxies électriques ou bruitistes, lui ayant permis au passage de parfaire son étude du son, décide d'explorer la part d'affect et de sensibilité qui l'habite. Une transition qui le mène en quelque sorte de l'énergie à la réflexion, de l'action à la contemplation.

Avec le recul, son précédent ep, Morning ep se présente comme un jalon, une transition où le radicalisme et la sensibilité s'entremêlent dans une gamme d'enjeux complexes. Attachant bien plus encore qu'auparavant son attention et son intérêt aux zones ombrées du silence, c'est dans ce faible entrebâillement entre le vide et le souffle, le minimalisme des petites choses qu'il conçoit ses structures harmoniques complexes et confuses. La relation émotionnelle qui se dégage est sans doute en partie liée à cette alternance/superposition de textures à cordes et à vent, imbrication de numérique et d'analogique, à la fois de ce qui fond l'exigence technologique de notre ère (le numérique) et de ce qui confère un supplément d'humanité à l'âme (l'analogique) l'usage de cordes, et de basson renforcent cet effet hypnotique.

Dans cette esthétique, on tire des points de concordance où l'évocation d'un cirque sépia, d'une fanfare en suspend donne à comparer avec les exercices solipsistiques de Mark Hollis, les errances nocturnes d'un Yann Tambour, la fragile beauté d'un Tim Hecker (Radio amor), la solitude.. Sylvain Fogato, ami et collaborateur de l'ombre et de l'espoir, vient construire sur ces images sonores d'autres images, elles bien visibles, crépusculaires et émotives. La symbiose est extrême, totale, développant un réalisme une approche sensorielle, abstraite, climatique, loin de toute procédure narrative, didactique. Video granuleuse, brouillard sensoriel du fond de l'œil, ombre floue et spectre flottant, image d'un monde fuyant, ruine de nos villes sans âme… on se trouve aussi bien dans l'univers de Derek Jarman agençé à l'esthétisme d'une Nan Goldin, ou d'une Sarah Moon… poignant de beauté.

On n'avait pas effleuré la sérénité d'aussi prêt depuis longtemps. Superbe.

EXPERIENCE Positive Karaoke/ Negative karaoke with a smile (Boxson/ Discograph)

L'expérience ne semble jamais close pour la bande de François Cloup, qui revient armée d'un album agrémenté d'un DVD ; la densité des compositions, toujours aussi palpable ne s'encombre pas de fioritures ni de stucs; Chaque texte relevant d'un sentiment, d'une sensation, d'un vertige palpable. Le DVD relate la tournée aux confins du territoire français et des quelques pays limitrophes de l'hexagone. Un périple entre potes. TRES TRES BON,

FRITH/ WISHART / KIHLSTEDT - The compass, log and lead (Intack rec/ Metamkine)

Fred Frith, habitué du label Intack, passionné de collaborations, continue ici d'interroger sa musique, ne laissant que rarement la ponctuation finale clore son propos. The compass, log and lead, est une étude, autant qu'une discussion ouverte autour de la corde frottée.
Frith, armée de sa guitare acoustique, Carla Kihlstedt au violon et au Nyckelharpa (Instrument de folk suédois) et Stevie Wishart, à cheval entre l'électronique, le violon et l'Hurdy-Gurdy. La forme donne raison à une gamme d'instruments du fond des âges privilégiant des harmonies proprement folk, d'une grande beauté tout en gardant, noblesse oblige, un discours de fond clairement improvisé.
Enregistré à Ockland en 2003, puis masterisé en 2005, la rencontre de ces 2 mondes évoque par certains aspects des passages de Step across the border ou certaines inflexions du side band de Frith, Skeleton crew. Les compositions ont un caractère répétitif, qui dans cette boucle sans fin donne une dimension rituelle à leur musique. Du grand Frith, comme à son habitude.

COCOON More violent days are to come (Optical Sound / )
RVB -TRANSFERT Images de la scène indépendante Française 1979-1991
(Optical Sound)

L'annonce est prophétique ; une sentence annonciatrice de jours obscurs à venir, plus troubles et perturbés que jamais.

Cocoon, après une très concluante première investigation , continue et excaver la terre à la seule force motrice de ses mains, toujours en attente d'une occlusion musicale. L'excellence du disque, comme à son habitude se lie jusque dans la mise en forme de l'album, feuillets libres, portfolio thématique où les images semblent avoir une correspondance secrète avec les sons.

Avec RVB -TRANSFERT, Optical Sound continue son devoir de mémoire en exhumant, cette fois sous couvert d'un support visuel les reliques de cette scène indépendante Française 1979-1991.

L'aventure visuelle n'est pas moins riche de surprises et d'enseignement quant à l'évolution des techniques et formes d'expressions à en juger par les choix de colories et de décors( !!!) défendus au long du DVD.

Une certaine idée de la contre-culture française telle qu'elle a rarement (jamais ?) été dépeinte. Et qui nécessairement vient enrichir le spectre culturel contemporain tout en redéfinissant les bases de l'histoire musicale hexagonale. Passionnant.

MULLER/ KAHN/ WOLFARTH drumming (Creative sources rec/ Metamkine)

Le label portugais continue d'explorer l'élasticité du son, la fine texture de ses (dis)harmonies. Sobrement intitulé Drumming, ce disque a la volonté d'étudier, de distinguer la sensibilité d'approches, la variété des jeux et des enjeux qui se jouent autour des peaux frappées; Muller, batteur de formation, intervient davantage sur des installations de prise de sons, via des capteurs qui capturent puis travestissent l'acoustique.
Kahn, également batteur, travail sur les micro-fêlures du son, leur répétition; ses derniers travaux l'ont amené à concevoir des processus en compagnie de Sugimoto, parmi d'autres. Wolfarth, sans doute un poil moins connu que ses compères évolue dans l'underground helvétique. Un album d'une belle intégrité qui impressionne par la dynamique lente de son déroulement.

ODRAN TRUMMEL down Louishill ( another rec/ )

Dans la famille Trummel, je demande le petit frère ! Aussi talentueux et plein de vie que son alter Ego Yohann (son grand frère), le jeune homme continue à disséminer les étamines frelatées de ses compositions que ce soit dans une formule Trio à prospectives jazz tourmentées ( Epsylon Gygma club) ou dans ce format solo, plus proche d'une introspection folk évolutive à dimension humaine.

Homme orchestre de son destin et de ses instruments ; après quelques démos, il prend à bras le corps son instrument de prédilection, la guitare, et laisse vaquer quelques heures durant son esprit ; Le résultat est éloquent ; des arrangements classieux, un enthousiasme et une fraîcheur crânes, une certaine idée de l'élégance harmonique couplée à une certaine vision de la glande. Un procrastinateur génial et un peu rêveur, en fait, proche des univers de Cavil, de Nick Drake, pour l'amour Des textes décalés (on sait écrire dans la famille !) comme ce My Shinkansen délirant et subtil. De la pop-Folk dans la travée des grands song-writer de ce temps.

NOZE how to dance (circus company/ Ping Pong)
MOSSA some eat it raw (circus company/ Ping Pong)

Le duo que compose Nôze, à savoir Nicolas Sfintescu (machine) et Ezechiel Pailhes , par ailleurs co-fondateur du label Circus Company, même si on peut le rattacher (comme le label) à cette scène minimale internationale (Type Karat, Perlon ou Kompakt), cultive pourtant en parallèle ce goût pour la dérive et le singulier ; Ritournelles, mélodies cheap, refrains déjantés, ajouts bancales… Qui, dans la sphère house minimale peut-ainsi citer comme référence Sun Ra ou John Cage, tout en étant loué par d'éminent DJ tel que Herbert, Ricardo Villalobos, Jamie Lidell, Ark Ou Robert Hood ?

Là où leur travail se révèle plus passionnant, c'est dans cette ouverture extrême vers les autres sphères musicales, ces assemblages hardis comme ces chœurs plaqués par Elise Dabrowski (compagnon de route de Joëlle Léandre) ou ces combinaisons d'arpèges de guitare et de saxophone par Alexandre Authelain, (formé auprès d'Akosh). Le tout, foncièrement dansant, œuvre pourtant à dynamiter de l'intérieur les principes qui sclérosent la techno en général. Un véritable espoir de renouvellement.

MOSSA, plus connu comme DJ, basé à Montréal (Boss de Complot Records), édite depuis 1 an Maxis et courtes pièces à un rythme effréné ( disques chez Cynosure, Orac, Mutek, Floppy Funk, Morris Audio) et à présent sur Circus Compagny pour ce long métrage ; Some eat it raw qui égraine pour sa part une certaine idée de House minimale, granuleuse dans sa forme et spartiate et hédoniste dans sa forme…de quoi passer l'été dans les meilleures dispositions.

MIKI N'DOYE Tuki (ECM/ECM new series)

Comme nombre de jazzmen parmi lequel Don Cherry, c'est dans le nord de l'Europe que Momodou "Miki" N'Doye, aura pu asseoir sa stature de musicien international. Originaire de Gambi, c'est à Oslo que ce percussionniste livre depuis 30 ans l'essentiel de son savoir, décliné sous forme de prestations et d'enregistrements multiples. La rencontre avec le percussionniste Helge Linaaereste déterminante (un futur alter ego de Han Bennink ? et sa récente collaboration avec Mohammed Jimmy Mohammed).

Vont se succéder divers boulots qui le mènent depuis des jams à des Workshops au Club 7. Sous sa formation, Tamma il accueillera Don Cherry et Ed Blackwell le temps de quelques sessions dont les enregistrements font encore figure de standard. Son Afro-jazz flamboyant se développe durant ces années aux côtés du pianiste Jon Balke qui devient fidèle d'entre les fidèles. Niels Peter Molvaer, jon Christensen s'y joignent à l'occasion et sèment de nombreux side project tels que Batagraf ou Magnetic North. En sus de ses percussions, c'est sa voix chevrotante, déclamée en Wolof, ou en Mandingue semblant avoir traversé les siècles qui marquent dés les premières mesures de la composition. Un talent de conteur indéniable place d'emblée les morceaux dans la trame de mini-fictions musicales où l'image n'est jamais loin. Côté percussions, la multiplicité des sources utilisées (Tamma, m'balax, bongo, Kalimba) entraîne l'auditeur dans un jeu assourdissant et dronien où les sonorités elliptiques, voire hypnotiques confèrent une dimension chamaniste aux prestations enregistrées. Un talent qui éclate enfin à la pleine lumière blanche de la Suède et qui livre ici un album emprunt du poids des traditions et de la légèreté de l'expérimentation qui offre ici quelques pièces avant-gardistes d'une beauté envoûtante.

RANDOM NUMBERS "Golden acre sleeps" (Highpointlowlife/ )

L'œuvre de l'Anglais Matthew Robson propage toujours avec cette générosité ,qu'on prête fréquemment aux jeunes artistes, ses afflictions sonores, basées sur un équilibre sacré entre organique et numérique. Proche du courant électronica, sans renier pour autant ses inclinaisons pour quelques bribes et filament de house minimale ; ses compositions semblent s'épanouir dans des distorsions de légers effets mécaniques et de milieux aqueux. L'usage de piano, de voix lointaine et féminine (Katie lou moore), de phases d'électronica ubuesques et voilées donnent, il est vrai un supplément d'âme à sa musique, pourtant elle semble encore en recherche d'elle-même et n'arrive à nous sortir de notre léthargie qu'à des rares occasions.

MICHEL & MICHEL From Michel&Michel With Love (A tant rêver du roi)

On avait déjà eu maille à partir avec ces ex-membres de Sybil Vane (Pierre Dutrey et eddy crampes)sur le label Relax ay Voo (Michel et michel et ses danseuses) à la ligne directrice graphique et musicale irréprochable….. Country cajun à fort relent folk, voix rêche à la Arthur H, correction des Beatles en règle (across the universe), Le collectif Michel et Michel continue à leur façon à projeter dans le futur, l'héritage de Tellier, Herman Dune ou plus sûrement de Ween .. Pratiquée un nombre indéterminé de fois, cette musique ne se révèle pas moins à nous à chaque nouvelle écoute, laissant le plus souvent sa fragilité et sa simplicité nous transporter. Michel & Michel, tout en jouant sur le décalage et l'humour désinvolte n'arrive pas à réduire à de simples caricatures leurs jolis titres ; du bossa novien Flyflyfly au très Dean Martinien My bed is my wife Une belle unité de ton qui donne tant de relief à leurs compositions…très bon.

TETSU INOUE Yolo (DIN/ Metamkine)

L'incontournable fer de lance du label DIN, ressurgi à notre mémoire accompagné de son neuvième et dernier disque à ce jour pour son label. Une belle complicité/ fidélité qui s'exprime jusque dans sa musique. Fidèle à ses classiques, Tetsu Inoue, intrigue toujours dans les sphères ambiantes analogiques qui ont fondé la base de ses premiers travaux.Il y insuffle ses mouvements noise à caractère expérimental, les entremêlant pour donner à entendre, ce qui semble être une synthèse de son œuvre. D'une précision toute asiatique, les atmosphères et climats gardent pourtant la fraîcheur de l'organique, son insondable complexité. Racée et exigeant, les plages s'enchaînent les unes aux autres, formant un ensemble d'une rare complexité et d'un incontestable éclat.

THE HEALTHY BOY a two steps promenade (Kythibong.org/ www.kythibong.org)

La gravité qui émane de la voix de Benjamin Nerot n'est à proprement parlé pas humaine, perchée dans une gamme dramaturgique entre Nick Cave et johnny Cash. L'esprit de lieu du disque s'acoquine avec les plus brillants éléments de la scène folk, entreprenant là où ont été stoppé les disques de Palaces Brothers, Compositions empruntées à l'obscurité et à la pesanteur, The Healthy boy, pourtant bien loin des terres natales de Will Oldham revient hanter avec la beauté et le désenchantement au revers de sa veste nos vieux démons de folk. D'une absolue beauté

JUST CLOSE TO YOU V/A Unique record (Unique rec/UR 13/ La Baleine)

En infléchissant les contraintes et les sacrifices à la rigueur de leur sensibilité et de leur jugement, en laissant leur instinct constamment guider leur démarche, en faisant fi de tout opportunisme, l'équipage d'Unique records, Gérald et Gilles pour l'essentiel, aura définitivement assis ce label au firmament des labels français incontournable du même acabit. (Arbouse rec/ Monopsone, Dora Dorovitch, Partycul System, Effervescence, Autres Directions…) Allant quelquefois au-delà de nos espoirs, la création d'une division à caractère expérimentale (Hitomi) aura permis de complexifier les vues et l'identité de ce label, définitivement surprenant. Le départ annoncé de Gilles-Lunt, maître és-production, moitié organique de la structure laisse évidemment planer le devenir du label.
Oeuvrant au-delà du simple cadre de la production (Forum des alternatives pour la musique), Unique records aura oeuvré durant ces 5 années à modifier ou du moins à fédérer une scène, souvent en proie à la dissémination. On retrouve, dans la diversité de leurs propositions, ceux qui ont fait l'unicité et la beauté du label : Angil, Electrophönvintage, Virga, Lunt, Del, Melatonine, Imagho, Lemoine, Baxendall, Dana Elliot, Half Asleep, Eud, The Jong Aventure, Melonhead, A place for Parks… Ceux qui ont porté du bout du doigt, par leur insolence, leur talent, leur poésie, leur violence contenue nos oreilles et nos cœurs vers les heures matinales de l'aurore ou dans les sombres instants du crépuscule. 18 titres originaux, pour la majorité des inédits ou des titres à venir qui viennent nous rassurer une nouvelle fois sur la beauté du monde.
L'intérêt de la compilation réside aussi, au-delà du simple et heureux constat d'existence de ce beau label, dans la mise en forme visuelle de ces élucubrations nocturnes ou matinales sous forme d'un DVD fruit de bénévolat et de réflexions brumeuses de l'aube…une dizaine de clips amplis de la diversité des techniques et des talents, rehaussés d'un souvenir de tournage au FAM.
Incontournable.

EDDY CRAMPES Where the fuck is Eddy Crampes

Premier album solo d'Eddy Crampes, par ailleurs chanteur et guitariste de Sibyl Vane (nous vous avions entretenu du ep Prêt à Porter en 2003), il multiplie les occurrences et collaborations, notamment avec Pierre Dutrey sous leur pseudonyme élégant de Michel et Michel sur les labels Relax ay Voo ou A tant rêver du roi récemment. Eddy Crampes, dans une veine proche de lo-fi folk avec un fond nettement plus rock n' roll Fifties vient hanter les allées du rock n' roll cher à Greil Marcus, Nik Cohn et consort…une entreprise de salubrité publique.

4tRECk Je Me Promenade
(Partycul System/ VPC/ partyculsystem@tele2.fr )

Samuel Callow, œuvre à la ré intronisation du 4-pistes (même s'il est passé aux 8 pistes récemment) et de techniques éprouvées notamment par le Grand John Fahey, tel le Picking donnant cette touche si exotico-américaine à sa musique. Pour le reste, il laisse au hasard et aux disruptions aléatoires [sous couvert d'une rigueur compositionnelle] le soin d'agrémenter ses compositions. Construisant autour de l'axe central d'une guitare son petit monde, il vient y agréer une multitude de petites techniques, de micro expérimentations, d'instruments inusuels ou bricolés (piano, accordéon, jouets, xylophone, violon, piano de pouce, voix, bruits, manipulations samples) offrant à ses compositions ce surcroît d'air si rare de nos jours. Après diverses apparitions éclair sur des fanzines ou des micro labels (Overdub, Flitwick, YYY, Astronaute…) Partycul System lui donne l'occasion d'exprimer à grande échelle, sur le temps long d'un LP son savoir-faire. Ni répétitif, ni casse gueule, Samuel Callow, britannique de son état se prête magnifiquement au jeu et nous tient en haleine des tenants de son disque à ses aboutissements. Une quête musicale à la fois joyeuse et mélancolique. D'une belle profondeur. Conseillé

PHILMAR sur le chemin ( Oceanik creations/ )
DOWN TAO ( Oceanik creations/ )

La musique de Jerôme Paressant, pour le moins atypique, peu enclin à être étiqueter dans les rayonnages contemporains est liée de près aux productions du label océanik créations. Même si le label peine à se forger une identité visible, elle recèle pourtant de subtiles productions, d'une veine transversale, électronique et/ ou expérimentale. Down Tao, ancrée quelque part entre les attentes de Sub Rosa et le groove déviant de Ninja Tune ne fait pas pâle figure. Un esprit de cut-up, de voix lointaines mêlées à quelques écarts néo industriels donne à entendre. Plus maladroite, la musique n'en demeure pas moins dénuée de charme.
Philmar, pour sa part s'amuse à tromper son monde, mélangeant les apparences de la musique acoustiques aux procédés les plus en pointe des musiques électroniques (Boucle, ré-échantillonage, cut-up..). Une élégance évidente tant le " leurre " est parfait. Mêlant percussion, luth, flûte, voix et guitares, il se voit à l'occasion aidé de Jérôme Paressant (Abraxas Projekt/ Down tao), le remixant en dernier lieu ; Fluide ou volatile, ces compositions conservent cette aménité si recherchée dans la musique ambiante.