Ambre & Lionel Tran - Une trop bruyante solitude | La génèse du projet | Repèrages photos (par Valérie Berge) | Historique du projet | Croquis préparatoires | L'ouvrage | l'image | English version | Les dessous de l'exposition

L’exposition

L’adaptation d’Une trop bruyante solitude par Ambre, Lionel Tran et Valérie Berge explore la notion de transversalité artistique. Cette expérience créative mêlant texte, dessin et photographie trouve son aboutissement dans la création d’une exposition installation de 200 m2 au Centre National de la Bande Dessinée lors du XXXème Festival International de la bande dessinée d’Angoulême du 24 au 26 janvier 2003. Présentant plus de 100 planches originales et tirages photographiques, la réalisation de cette exposition a nécessité la destruction de milliers de livres, afin de recréer le pilon, lieu mythique et tabou.

Les lyonnais auront la chance de découvrir cette exposition en avant-première le 12 décembre 2002 à l’Ovale (203, 9 rue du Garet, 69001 Lyon). Cette exposition sera ensuite présentée tout au long de l’année 2003 dans des salons du livre et des manifestations culturelles. Cette opération bénéficie du label de l’Association Française d’Action Artistique dans le cadre de “Bohemia Magica”, une saison tchèque en France.

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Vues en imagerie 3D de quelques éléments de l'exposition
(cliquez dessus pour aggrandir)

 

Le pilon, un tabou

Le pilon est un mythe : il n’existe pas de lieu spécifique à la destruction du livre, le livre est recyclé parmi les vieux papiers, sans distinction particulière. Il est détruit au même titre qu’une marchandise avariée. La valeur de cette marchandise est très volatile, c’est pour ça qu’on préfère s’en débarrasser à l’abri des regards. Le livre n’est pas rare : de plus en plus d’ouvrages sont imprimés et donc amenés à disparaître. Des centaines de tonnes de livres sont détruites quotidiennement.
“ Le fétichisme qu’il y a autour de la culture du livre est paradoxal : sous prétexte de protéger le livre, on le rend souvent inaccessible. Pour évoquer notre amour du livre nous avons dû nous en prendre à lui. L’exposition présente un cimetière de livres : toute cette accumulation est un trompe-l’œil, il s’agit de livres creux, vides. Nous sommes partis de vrais livres que nous avons vidés de leur contenu. Le spectateur croit voir une écrasante accumulation d’ouvrages alors qu’en fait sans le savoir il est face à du vide. Cette installation est extrêmement ambiguë, elle dit à la fois : il faut sauvegarder la culture du livre parce qu’elle est périssable, et en même temps : cette culture a déjà disparu, à notre insu. ”

 


 

La synthèse de différentes formes artistiques

Ce projet pluridisciplinaire mêle techniques traditionnelles et nouveaux médias. L’exposition propose sur 200m2 une synthèse entre présentation d’originaux (dessins et tirages photographiques) et installation (mise en volume, projection et création sonore numérique.) Scénarisée par Lionel Tran, aidé d’Éric Terrier qui a réalisé un film en images de synthèse, cette exposition recrée le sentiment troublant de l’album. “ Sans que nous l’ayons prévu, l’exposition nous a amenés à détruire toute sorte de livres : des livres d’arts, des Vies de Saints, des classiques passés de mode, des guides pratiques, de la littérature, parfois même des encyclopédies… Des millions de pages qui étaient destinées à finir aux ordures et que nous avons écrasées, déchirées, découpées, brûlées, avant de les recoller, de les coudre, afin de créer cette installation. Une installation qui est forcément imprégnée de violence et de tragédie... ”

L’album plonge le lecteur dans la pensée de Hanta, l’exposition immergera le spectateur dans un espace mental troublant et inconfortable.

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L'ouvrage

Des détails sur l'exposition