Scénario : Joann Sfar, Dessin : José-Luis Munuera

2 tomes, Jambon et Tartine et Merlin contre le Père Noël paru chez Dargaud.

 

Il y a fort longtemps dans cette île magique que l'on nomme Angleterre vivait l'Enchanteur Merlin… Mais quelques années avant de devenir Enchanteur, Merlin était un enfant comme vous et moi. Enfin, plutôt comme vous…

Résumé/Critique

Pari gagné. Le second tome de Merlin est à la hauteur de ce qu'on attendait en refermant le premier.

Rapide récapitulatif : Merlin est un petit garçon étrange qui choisit ses camarades, non pas en fonction de leur collection de Majorettes, mais plutôt de leur bizarrerie. Son choix se porte sur les ogres mangeurs de petits enfants désobéissants et sur les cochons bavards. Et c'est ainsi que Jambon et Tartine sont venus squatter chez maman Merlin, s'apprêtant à fêter Noël dans la pure tradition des monstres espiègles. En quoi cela consiste-t-il ? Tout simplement, à traquer le pauvre petit papa Noël, vous savez, ce consciencieux bonhomme blanc et rouge qui effectue sa tournée annuelle et dépose des joujoux par milliers dans vos petits souliers… Cynisme ou jalousie ? Merlin, Jambon et Tartine ont, en tout cas, décidé de mener la vie dure à cet emblème de générosité et d'abnégation. Pour ce faire, ils projettent d'en faire un unijambiste en posant un énorme piège à rats, juste au pied de la cheminée. Charmant.

Si Merlin et ses acolytes sont assez éloignés de l'idée que l'on se fait d'un apprenti enchanteur, d'un ogre sanguinolent et d'un gros cochon rose, quelle n'est pas notre surprise en découvrant le père Noël ! Sans potion magique, il nous apparaît relativement nain et imberbe, comme tous les apprentis père Noël. En revanche, après absorption d'un breuvage concocté par Tartine, il se transforme en créature obèse aux grandes dents de loup. S'ensuit une course poursuite effrénée dans des contrées plus bizarroïdes les unes que les autres. On traverse un volcan magique, on assiste au grand réveillon des ogres venus de toute la planète. On fait la connaissance de toutes les tronches les plus invraisemblables de la création.

La suite au prochain numéro, en gageant que Sfar et Munuera nous emmèneront dans un tout autre climat.

Manuelle Calmat

  Résumé

Enfant, le célèbre enchanteur Merlin était un petit garçon presque normal, qui avait deux copains : Jambon, un cochon parlant, et Tartine, un ogre repenti, très moche et complètement crétin. Cette histoire commence par une belle nuit de Noël, à l'époque où le Père Noël, lui aussi, est encore un petit garçon. Si bien qu'il a une trouille bleue de Tartine et tombe dans les pommes sans arrêt. Pour le requinquer, Merlin lui fabrique une soupe magique, mais le résultat est bizarre : d'abord ça manque de sel, et surtout, devenu énorme et très teigneux, le Père Noël se met à kidnapper les enfants. Qu'à cela ne tienne : Tartine avale le reste de la soupe, pour devenir encore plus gros et affronter le méchant Père Noël. Mais quelque chose cloche : en fait, la soupe marche n'importe comment, et ça donne n'importe quoi.

S'ensuit une aventure ébouriffante avec grand réveillon des ogres - ils viennent échanger leurs recettes de tarte à la morve et de paëlla aux bébés (berk) - rebondissements farfelus et happy-end : après libération des kidnappés et distributions des cadeaux, les méchants ogres, devenus rachitiques, se recyclent en gentils lutins du Père Noël. Au début, il y a bien quelques bavures et il arrive qu'un joli bébé en fasse les frais, mais globalement, au bout d'une centaine d'années, on peut dire que ce sont tous de parfaits lutins.

 

  Critique

Décidément, on arrive à peine à suivre la production de Joann Sfar. Tantôt scénariste, tantôt auteur complet, il suit les traces de Trondheim (avec qui il travaille sur "Donjon", rappellons-le) en matière de productivité et d'inventivité. J'avoue une préférence pour ce "Merlin" parmi les nombreux projets concrétisés cette année (quoique… "Petit Vampire va à l'école" est une grande réussite également) . Cette excellente parodie de Merlin l'Enchanteur enfant a le don de me faire rire comme peu de BD y parviennent. Le dessin de José Luis Munuera (avec qui Sfar a déjà commis "Les Potamoks" chez Delcourt) convient parfaitement pour ajouter la touche de légèreté et d'humour graphique qui rendent Merlin, Jambon et Tartine si sympathiques. Le reste, c'est de l'humour à dose parfaite, mâtiné de poésie et de clins d'oeil à l'enfance qui sommeille en chacun de nous.

Quelle bonne idée d'avoir "invité le Père Noël dans ce deuxième album ! Un album qui vient, soulignons-le, six mois à peine après le premier opus et qui prouve que cadence peut aller de pair avec qualité. Mais revenons à notre propos, à savoir, le Père Noël. Enfin, quand on dit le Père, ce qui fait tout l'intérêt de cet album, c'est que Merlin n'est pas le seul enfant de la bande, le Père Noël est tout aussi juvénile. Et comme il n'a aucune expérience, tout peut lui arriver, y compris se retrouver pris dans un piège à loup disposé au pied de la cheminée par Merlin, Jambon (le cochon) et Tartine (l'ogre repenti), les trois amis, qui craignaient -à juste titre- de s'endormir avant l'arrivée du livreur de cadeaux. Vous l'avez compris, tout cela est totalement ébouriffant, d'autant que les potions magiques ne produisent pas les effets escomptés et que les ogres ont grand appétit… je ne vous en dis pas plus, sachez que Merlin est l'une de ces BD qu'on peut mettre entre les mains de tous : enfants comme parents-, avec un égal bonheur !

Thierry Bellefroid.

 

Critique

Avec un graphisme agréable et comique, Sfar, le scénariste et Munuera, le dessinateur s'éclatent à coeur joie. "Merlin T.2", tout comme l'étrange "Noël de Mister Jack", pourrait être considéré comme un drôle de conte de Noël. Ici, Merlin, un petit garçon pas plus haut que trois pommes, est accompagné de ses deux acolytes, Jambon le cochon malin et Tartine un ogre crétin quand il décide un soir de Noël de voir à quoi ressemble le père Noël. Pour ce faire, il lui prépare une surprise de son cru…

Cette série fantastique est en même temps très contemporaine par les petits clins d'oeil qui y sont faits ici et là. Le premier tome avait obtenu le prix de la Jeunesse au Festival BD de Sierre et c'était mérité. Un album pour petit et grand.

Couverture