Les critiques de Donjon Zénith
Tome 1 :
Le Cimetière des dragons
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Tome I : "Coeur
de canard", aux Editions Delcourt.
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Un donjon est transformé en immense aire de jeux pour barbares en mal d'aventures. Malheureusement, une bande de gars bizarres camouflant leur visage derrière d'épaisses capuches veulent racheter le donjon. Pour protéger son bien, le maître des lieux (tyran notoire de son état) va charger un de ses sbires d'une mission ultra périlleuse : s'en aller quérir un valeureux guerrier (aussi valeureux que féroce d'ailleurs) pour défendre le château. Mais le pauvre canard n'a pas bien sûr les qualités requises pour cet emploi…
Actualité BD proposée en juin par ANNE & JULIEN
Futur couple infernal de la BD française, Sfar et Trondheim sont exubérants, hétéroclites et éclectiques. Ils sont capables d'aborder tous les genres : polar, aventure, science fiction ou d'auto parodier leur propres scénarios. Mélange de féérie et de course poursuite sans limite, cet album est une parodie ingénieuse des clichés de l'héroïc fantasy et des jeux de rôles. Tous deux scénaristes et dessinateurs, ils travaillent de façon totalement complémentaire.
Actualité BD proposée en juin par ANNE & JULIEN
Par mégarde, Herbert le canard, humble sous-fifre au service du Gardien du Donjon, a provoqué la mort d'un gros barbare… Gros barbare qui devait accomplir une périlleuse mission pour le maître des lieux. Ni vu ni connu, notre volatile endosse le costume du colosse, et le voici lancé, en compagnie d'un saurien grognon, sur des routes peuplées d'individus très puissants et très méchants.
On pouvait craindre le pire de cette association, mais il faut avouer tout de go que cet album est magistral. Sfar a su s'adapter à l'humour de Trondheim (on sent aussi des références à la "Quête du Saint Grale" des Monty Python) et à son dessin typique pour nous pondre un scénario très réussi qui détourne tous les poncifs de l'heroic fantasy. Trondheim, dessinateur prolixe a su donner sa patte à cet album qui pourrait s'intégrer sans mal à la série des Lapinots. Pourtant dans cet album tout nous est familier (les passages obligés de l'heroic fantasy, l'humour décalé, le dessin simpliste) et cependant tout fonctionne à merveille et on dévore cet album avec une avidité dont on s'étonne soi-même. Quelques petites surprises sont présentes avec l'apparition de monstres sfariens dans un univers très trondheimien et surtout l'utilisation de Photoshop pour rendre floue une image (utilisation pas très heureuse d'ailleurs).
Après "La fille du professeur" avec Guibert, Sfar confirme ici qu'il est aussi un excellent scénariste (je crois qu'il a fait aussi les crayonnés pour cet album) très polyvalent ce qui lui permet de travailler avec des auteurs très différents pour notre plus grand plaisir. Un must, carrément.
"V'la t'y pas que Joann Sfar me téléphone en plein Juillet en me proposant un nouveau projet de collaboration (peut etre le 10e depuis le debut de l'année, Joann a tout le temps des nouveaux projets ).
Il me propose donc un truc d'heroic fantasy ou il ferait le scénario et découpage très dessiné et moi, je reprendrais le scénario et je le dessinerais a ma façon. Je lui ai dit non, ou alors faire un Lapinot heroïc fantasy avec son projet. Sauf que dans la tête de Joann, c'etait pas un album qu'on allait faire mais dix, cent, mille, au rythme de 2 ou 3 ou 4 par an, ha ha ha qu'il fait, ha ha ha que je fais et je lui dit non, que j'ai déjà Lapinot et que ça me suffit.
Et puis bon, finalement, j'ai dit d'accord."
© Texte copyright David Rault et Lewis Trondheim.
Il ne fait pas l'ombre d'un doute que les deux auteurs de cette BD soient un jour tombés sur un des écrits de Terry Pratchett, écrivain anglais passant Tolkien à la moulinette de la dérision, de l'absurde et du non-sens, une vision des Terres du Milieu à travers la lorgnette du Monty Python Flying Circus…
Barbare malgré lui, Herbert de Vaucanson, canard lâche et idiot se retrouve mêlé à une mission périlleuse. Pour avoir accidentellement causé la mort du farouche guerrier qui devait enquêter sur les agissements de mystérieux « dévoreurs d'âme », le pauvre volatile endossera l'identité d'« Ababakar Octopuce, Prince Sans Principauté qui foule de sa sandale les tombeaux des Rois» - rien que ça ! - par peur des représailles… Privé de son cœur, gage de sa loyauté, par son commanditaire, le mystérieux gardien du donjon, Herbert, se lance dans une série de mésaventures loufoques, secondé par Marvin, un crocodile volant quelque peu disert…
Écrit et dessiné à quatre mains, Cœur de Canard porte surtout la marque de Trondheim, qui orchestre savamment ce joyeux délire… On reconnaît d'ailleurs, ça et là, son humour très pince-sans-rire et sa philosophie de comptoir… Idem pour le graphisme : si certaines créatures ont bien été croquées par Sfar, c'est bien le créateur de Lapinot (Dargaud) qui impose sa patte sur l'ensemble de ce premier opus de Donjon…
De par son humour décalé, souvent vraiment désopilant, il reste bien au-dessus du lot que composent les décevantes Aventures de Lapinot. En attendant le second épisode intitulé Le Roi de la Bagarre et déjà prévu pour novembre 1998.
Vincent Montagnana
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Tome II : "Le
Roi de la bagarre", aux Editions Delcourt.
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Vous trouverez dans la page ci-contre (regardez, Herbert vous fait des signes), tous les crayonnés originaux de Donjon II par Joann. C'est d'autant plus appréciable que vous ne les trouverez jamais nulle part ailleurs puisque Donjon est, en dernier ressort, dessiné par Lewis.
Vous pourrez ainsi voir, en comparant ces crayonnés avec l'album final, comment Joann et Lewis travaillent, les choses qui font rire l'un et pas trop l'autre, qui apporte quoi à l'histoire et qui apporte quoi au dessin. Nous espérons que vous prendrez plaisir à les parcourir.
Donjon existe maintenant aussi en jeu vidéo. Cliquez sur la soucoupe volante, Herbert vous y amène tout droit.
De retour au donjon, où il devient gardien de la couronne de terre, Herbert le canard se fait régulièrement casser la figure. Une seule solution : suivre des cours d'arts martiaux auprès d'un maître. Sa première leçon consiste à affronter cinq nains vampires, Siegfried le babare (sic) et Henri la souris.
Le binôme Trondheim & Sfar aurait-il trouvé un moyen de distordre le continuum spatio-temporel ? Rappelez-vous, on vous avait déjà parlé du premier opus de la série Donjon, il y a quelques mois. Eh bien le deuxième volume est déjà dans les bacs de votre libraire préféré ! Avant l'aube du second millénaire, il est fort à parier que Donjon sera déjà une saga !
L'aventure reprend donc là où on l'avait laissée, Herbert le canard ayant réintégré le donjon après avoir effectué sa première mission. Rien à faire, le malheureux est toujours aussi nul et son patron l'envoie chez un expert de l'art guerrier pour en faire un combattant un peu plus efficace. Accompagné de son fidèle Marvin, le dragon débonnaire, Herbert devra passer une série d'épreuves toutes plus loufoques les unes que les autres pour apprendre à se battre dignement.
Les légères réserves que nous avait inspiré l'épisode précédent ont ici quasiment disparu. Sfar et Trondheim ont trouvé le juste équilibre entre leurs deux personnalités pour créer un bestiaire étonnant et hilarant. Surtout, leur délire "nonsensique" ne connaît désormais aucune limite : le maître de guerre est un vieux sac à patates, Herbert et Marvin combattent un million (sic) de gobelins… à la plume… Et j'en passe… Le Roi de la bagarre est un bijou d'absurdité, comme on en voit rarement ici-bas. Avec son humour à froid et -osons le dire- ses moments de poésie pure (voir le beau personnage de Sonia la Géante ou l'épisode de la guerre des deux villages), ce second épisode installe pour de bon la série dans une position d'ovni délicieux et inhabituel dans la morne production française heroic-fantasy.
Vincent Montagnana
Comme dans le premier tome de Donjon, Herbert se voit confier une nouvelle quête. Mais cette fois ci il sera son propre ennemi puisqu'il s'agit d'un apprentissage: la bagarre.
Ainsi, on retrouve avec plaisir l'univers mis en place dans Coeur de canard, même si personnellement je regrette que les rôles des personnages secondaires comme Alcibiade le gnomiste et Horous le thaumaturge aient diminués. De plus, si l'humour et l'aventure sont toujours au rendez-vous, j'ai trouvé ce deuxième tome un peu moins solide du point de vue scénario. En effet, on sent parfois trop que le scénario a été improvisé au fur et à mesure, sans doute parce qu'il ne s'agit pas d'une seule histoire comme dans Donjon 1 , mais de plusieurs qui s'entremèlent. De même, les auteurs ont sans doute oublié qu'ils avaient terminé Coeur de canard sur une ouverture : le maître du Donjon se languissant de la défunte Alexandra …
Point positif: Le roi de la bagarre annonce la série Donjon comme une véritable saga: contrairement aux Aventures de Lapinot, on assiste à une véritable évolution des personnages: des pouvoirs de Marvin aux capacités d'Herbert en passant par la vie du berbouche.
Sekelle
Sus à Sonia la Grosse !
Herbert le canard va de nouveau devoir faire preuve d ' héroïsme…
Or donc, bonnes gens, Herbert le canard est devenu - à son corps défendant - un pur héros et a gagné la reconnaissance du Gardien. Ce dernier ,un étrange petit bonhomme à l'allure débonnaire, est en fait le maître absolu du Donjon, formidable château fort bourré de monstres sanguinaires des souterrains jusqu'au plafond de la plus haute tour.
Pourtant, une bande d'encapuchonnés avait bien failli s'en emparer. Mais Herbert, avec Marvin , le plus fidèle guerrier du Gardien, avait tenu les agresseurs en échec. Le Gardien en avait donc conçu de la sympathie pour le canard. Herbert & Marvin, de compagnons d'armes au début, étaient devenus de francs copains. De surcroît, Herbert s'était fait un sérieux allié en la personne du Berbouche. Un drôle de monstre celui-là; on pourrait le comparer à un paquet de filet américain susceptible de grossir démesurément (et de tout écrabouiller) ou de rétrécir à la taille d'une boulette. Quant à Marvin, il est peut-être utile de rappeler qu'il ressemble à s'y méprendre à Casimir ,le gros monstre gentil de l'île aux enfants ; sauf que lui , il n'est pas gentil du tout.
Il faut encore que vous sachiez que notre canard héroïque a eu la mauvaise idée de ceindre l'épée du Destin - il ne l'a pas fait exprès, notez bien. Mal lui en prit. La boucle de la ceinture n'arrête pas de parler et refuse de se défaire tant que Herbert n'aura pas accompli trois hauts faits "avec les doigts nus de ses mains nues". Avant que cet exploit ne soit accompli il ne pourra tirer l'épée magique de son fourreau. Mal embarqué, le palmipède. On peut considérer qu'avoir vaincu les capuchons est un haut fait. Mais il en reste encore deux à accomplir. Et l'épée du destin se montre sourcilleuse sur la qualité des exploits . Et jalouse ! Pas question d'utiliser une autre arme. Tout ceci vous a été conté dans le premier épisode des merveilleuses aventures d'Herbert le canard, intitulé "Cœur de Canard".
Une belle dodue au mauvais caractère.
A présent, Herbert a été chargé par le Gardien de veiller sur la couronne de terre. Mais Sonia la Grosse a décidé de s'en emparer. Sonia est une géante plutôt gironde, à la peau foncée, à l'abondante chevelure rousse et aux très beaux yeux bleus. Elle ne manque pas de charme, mais a une fâcheuse tendance à flanquer des pâtées mémorables à qui la contrarie. Et le fait qu'Herbert garde la couronne, ça la contrarie. Le canard d'élite se prend donc une mandale de première et se fait piquer la couronne. Le Gardien est embêté, le manque d'efficacité d'Herbert le préoccupe. Aussi décide-t-il de l'envoyer chez un maître d'armes, "le" maître, celui qui a formé Marvin. Et ça, c'est pas un cadeau, parce que le maître a d'autres élèves et qu'il encourage un méchant esprit de compétition. Chez des mecs qui sont là pour apprendre les différentes manières de zigouiller leur prochain, ça peut faire mal. "Le roi de la bagarre", nouvel épisode des héroïques fantaisies d'Herbert, vous fera hurler de rire. C'est normal: textes et dessins sont l'œuvre de Lewis Trondheim et de Joann Sfar qui se déchaînent littéralement avec cette série "Donjon".
Robert Rouyet
Issu du supplément MAD du journal "Le Soir" du mercredi 30 décembre 1998.
Herbert le canard a décidément bien du mal à se faire respecter. Incapable de jouer son rôle de monstre agressif et pugnace dans le donjon, il est envoyé par son maître en apprentissage auprès d'un assassin expert… Lequel va lui apprendre tant bien que mal les ficelles du métier. Difficile cependant de se battre quand on ne peut se servir que d'une plume ou d'un bâton sous peine d'encourir le pire de la part de son épée magique empoisonnée…
Ce deuxième tome de la série Donjon, (très) travaillé à quatre mains par Sfar et Trondheim nous livre un peu plus d'aventure et d'exotisme que le premier volume de la série. On y découvre avec bonheur un univers - emprunté aux jeux de rôle - particulièrement amusant. Difficile de distinguer l'oeuvre de l'un et celle de l'autre. Et ce, même si l'on sait que l'album est d'abord passé entre les mains de Sfar avant d'être livré à Trondheim. C'est en effet qui a mis la touche finale avant de passer la couche d'encre définitive.
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Tome III : "La princesse des barbares", aux Editions Delcourt.
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Contrairement à ceux qui pourraient penser que cet album n'est pas le meilleur, osons le dire : c'est du tout bon Trondheim, c'est du tout bon Sfar. Comment? la surprise ne joue plus?
Les premières pages, délicieuses critiques des brain-stormings poussifs dans les entreprises, sont à elles seules des pages extraordinaires ! L'arrivée dans la série de la princesse (enfin un peu de sensibilité dans ce monde de brutes !), l'épée du Destin enfin disponible pour Herbert (et alors? on est plus avancé?), le futur mariage du Gardien, … tout ceci concourt à faire de cet album le meilleur de la saga "Donjon". Oui! saga! le mot est lâché. Le propre des meilleures séries de BD est de décrire un univers cohérent, avec ses marques, ses repères, mais aussi avec ses singularités, ses fractures et ses absurdités. Dans ce genre-là, Donjon est assurément une excellente série, qui se joue tour à tour des codes, des conventions et des genres. Un album à déguster sans attendre! (J'en suis à la 5e lecture…)
Mario Cremona
Que faire pour faire venir des aventuriers au donjon ? Leur proposer en plus des trésors potentiels un haut fait à accomplir ! On retrouve une fois de plus avec plaisir le trait clair de Lewis Trondheim et les personnages attachants de Joann Sfar, pour une histoire qui réserve quelques petites surprises, et toujours quelques notes d'humour (j'ai bien aimé les poulets voyageurs !). L'effet de surprise du premier tome ne joue plus, mais on ne peut que passer un bon moment avec Marvin et Herbert (et Isis)… La galerie de personnage s'étoffe : vivement la suite !)
Ronny
Or donc, on le sait désormais, la première "saison" -dans l'ordre chronologique de parution- de Donjon porte le doux nom de "Zénith". Par opposition évidemment à la deuxième, "Crépuscule", mais aussi sans doute parce que c'est bien la plus lumineuse des trois séries, la plus drôle et la plus… maîtrisée. Sans parler de maturité, Donjon zénith a enfin trouvé son rythme de croisière, après un deuxième tome parfait. L'effet de surprise n'est donc plus de la partie, l'intrigue se laissant porter quasiment toute seule par les personnages et leurs actions, mais le plaisir des retrouvailles est bel et bien là.
Désormais chaque série porte la marque des trois auteurs associés : Potron-Minet, celle de Blain, Crépuscule, celle de Sfar, et Zénith, celle de Trondheim, ce qui n'est pas fait pour nous déplaire. La prépondérance de caractères trondheimesques privilégie le côté purement parodique et absurde alors que les deux autres séries se teintent d'ambiances de plus en plus crépusculaires. Dans La Princesse des barbares, c'est un quiproquo qui mène le jeu, à la suite d'une gaffe -une de plus- de l'infortuné canard Herbert, qui, pour renflouer les finances du Donjon et rameuter de nouveaux héros en mal d'exploits, décide de faire courir la rumeur qu'une princesse est retenue dans les profondeurs du château. Une idée qui aurait pu fonctionner à merveille si une princesse ne parcourait justement les dédales du Donjon pour se cacher d'un père désireux de la marier au plus vite avec le premier crétin venu. Un ressort comique plutôt efficace qui laisse moins de place aux interludes poétiques des volumes précédents mais qui déclenche une salve de gags franchement hilarants -notamment celui des poulets voyageurs expédiés aux quatre coins du pays de manière un peu… brutale, ou celui des trolls grignotant des nourrissons comme des amuse-gueule.
Un très bon cru, donc, qui vient à point après la relative déception ressentie à la lecture du premier tome de Potron-Minet (soit le tome -99 de la saga, vous suivez toujours ?). On manifestera juste une pointe d'inquiétude vis-à-vis du dessin, parfois légèrement bâclé dans certaines cases. Il serait dommage que la contrainte trois-albums-par-an soit appliquée au détriment de la qualité graphique -jusqu'ici constante- de la série.
Vincent Montagnana
Au départ, il semblait s'agir d'une envie de détente de Lewis Trondheim et Joann Sfar. Mais Donjon est rapidement devenu une institution et l'un des piliers (voire LE pilier) de la collection « Humour de rire ». Donjon, désormais en vitesse de croisière, ne cesse de surprendre et même de s'améliorer. Avant d'aller plus loin, je confesse ici que cette « princesse des barbares » est de loin mon album préféré dans toute la série. Parlons-en une minute, de la série. Pour ceux qui n'arriveraient pas à s'y retrouver, sachez qu'il s'agit d'un univers se déclinant sur trois époques distinctes. Il y a les temps anciens, c'est Donjon Potron-Minet, un album existant numéroté -99. Les autres devraient aller jusque zéro. Il y a l'époque de la splendeur, c'est Donjon Zénith, dont les tomes iront de 1 à 100 (on en est à 3…). Et enfin, il y a la décadence, c'est Donjon Crépuscule, dont les tomes vont de 101 à 200 (ici, on en est à 101). Bref, de quoi faire… trois cents albums (le pire, c'est que s'ils vivent assez vieux, ces deux-là en sont bien capables !)
Depuis le départ, l'humour de Trondheim et celui de Sfar nous valent de suivre des aventures totalement farfelues à la suite de personnages déjantés. Le principal est sans doute Herbert le canard, condamné dès le premier album à accomplir trois hauts faits à mains nues pour pouvoir se servir de son épée, l'Epée du Destin. On croyait qu'il n'y arriverait jamais. Eh bien si. Le plus drôle, c'est qu'il ne s'en était pas aperçu lui-même et que finalement, ça lui fait une belle jambe, de pouvoir tirer l'épée de son fourreau.
A part ça, quoi de neuf ? Eh bien, tout d'abord, une délicieuse héroïne siamoise, princesse de son état, dont Herbert invente le rapt pour attirer les aventuriers au donjon, avant de s'apercevoir qu'il a aussi rameuté le père de la jeune fille, persuadé qu'elle y est bel et bien détenue. Pas de chance, il va falloir faire face. Et ce sera d'autant plus compliqué que la princesse en question est en fugue et poursuivie par un frérot qui ne lui veut pas que du bien. Des ingrédients qui semblent tout ce qu'il y a de classique, mais le traitement que leur font subir les auteurs ne l'est pas du tout. On rit sans peine, notamment lorsque la princesse rencontre les ogres et tente de leur soustraire un repas qui n'est autre qu'un mignon petit nourrisson.
C'est délicieux, drôle et toujours surprenant. Si vous avez aimé les autres, vous raffolerez carrément de celui-ci !
Thierry Bellefroid.